Arme vitale
Une stratégie est devenue indispensable, si nous perdons la bataille de la communication nous perdrons inévitablement celle de l’influence, alors que cette influence nous la méritons dans les faits.

Je voudrais commencer cette chronique -que je voudrais consacrer à notre façon de communiquer (de mal communiquer) – par le verdict incompréhensible pour ne pas dire honteux de la CAF. Et vous verrez que cela a un lien avec notre communication défaillante. Par ce jugement totalement dépourvu de sens, ce sont les valeurs de fair-play, d’hospitalité, de respect de l’adversaire, d’esprit sportif… que notre Equipe a portées et que nous nous efforçons d’inculquer à nos jeunes, qui sont foulées au pied…
Quel exemple donne ici la CAF en sanctionnant les victimes et faisant la part belle aux faiseurs de troubles ! Caricatural !!!!
La Fédération annonce faire appel mais là encore, notre façon de communiquer est totalement contreproductive…
De communiqués en communiqués… cela ne constitue pas une Com’ digne de ce nom.
Tout d’abord un point sur ce qui me semble totalement incongru, des journalistes marocains n’ont rien trouvé de mieux, après cette finale désastreuse, non pas de s’en prendre aux véritables responsables – le coach sénégalais, ses joueurs et nombre de leurs supporters – mais à nous, le peuple marocain. Estimant notre attitude, nos réponses, excessives, populistes voire proches du sectarisme et du racisme. Mais que leur arrive-t-il ? La hogra que nous avons vécue : ces injures, accusations gratuites, ce dénigrement inlassable puis cette finale honteuse ne compteraient donc pour rien dans ce sentiment commun de rébellion contre ces injustices, que nous avons ressenti tous ensemble ?
Serions-nous à leurs yeux de simples idiots qui se laissent manipuler par les réseaux sociaux ? N’y a-t-il pas au contraire quelque chose de grand à nous voir tous (ou presque, bien évidemment cette «élite journalistique» n’étant pas assimilable à nous) faire front et nous rassembler non pas «contre un ennemi» mais contre une immense confiscation de quelque chose que nous avons construit. Car cette CAN c’est le peuple marocain tout entier qui l’a bâtie derrière Sa Majesté. Pourquoi y voir du communautarisme plutôt que de l’unité. Faudrait-il toujours tendre l’autre joue ? Il ne s’agit pas de mener une guerre, il s’agit de s’unir autour des valeurs qui font notre identité commune… Et quelque part de (re)découvrir que nous sommes un peuple…
Pourquoi toujours chercher à nous culpabiliser ? Laissez donc cela à nos ennemis…
Ceci étant dit, entrons dans le vif du sujet, notre communication… Alors que nous sommes à la hauteur, voire en avance dans bien des domaines, pourquoi sommes-nous si nuls dans notre façon de communiquer ?
Car si la CAN est un révélateur de cette plaie, que nous sommes incapables de «vendre» nos avancées, de défendre nos valeurs, de revendiquer et mettre en avant nos points de vue, nos opinions, nos prises de position… Au mieux nous sommes dans la défensive et la communication après coup, au pire nous sommes dans l’incapacité et donc dans l’invisibilité, voire la négation de nous-mêmes…
Ici en l’occurrence, hélas, si notre organisation de la CAN a été d’un niveau exceptionnel, notre façon de le faire savoir, de le dire, de le vanter a été largement dépassée.
Nous n’avons pas su raconter la CAN, comme nous ne savons pas raconter notre pays de façon générale.
Où sont les grandes émissions de télévision, les grands débats, où sont les grands médias créatifs, crédibles, novateurs… où produisons-nous du contenu intelligent non seulement à usage interne mais aussi destiné à l’étranger?
Où sont nos grandes voix ? Croyons-nous que quelques influenceurs plus soucieux de leur propre image qu’autre chose vont combler notre manque de présence médiatique mais aussi notre absence sur les réseaux sociaux ?
La communication est aujourd’hui un outil essentiel et, pourquoi ne pas le dire, une arme vitale.
C’est à notre pays lui-même de créer son récit et de le mettre en avant !
Alors Dieu merci, des talents individuels réussissent sur les ondes, dans les journaux, sur le Net, à sauver la mise… mais cela ne peut se substituer à une stratégie institutionnelle, à une volonté politique. À l’heure où nous sommes la cible désignée d’attaques tous azimuts, de désinformation, de fake news à l’échelle continentale, voire mondiale, nous ne saurions poursuivre la politique de l’autruche.
Allons nous continuer de croire que nos réalisations parlent pour nous, c’est dans le récit que nous construirons que nous saurons être crédibles et écoutés, alors qu’aujourd’hui la moindre «Mouche «des réseaux sociaux, le moindre minable journaliste étranger, le moindre «influenceur» corruptible se croit autorisé à nous tourner en dérision ?
Une stratégie est devenue indispensable, si nous perdons la bataille de la communication nous perdrons inévitablement celle de l’influence, alors que cette influence nous la méritons dans les faits.
Face au dénigrement arrêtons de fragiliser notre image, ne soyons plus sur la défensive passons enfin à une communication digne de nous.
Tant sur notre sol qu’au sein de notre diaspora, les talents capables de relever ce défi sont nombreux, cessons de les ignorer ou de les marginaliser, ils seront les acteurs du renouveau indispensable d’une véritable stratégie de communication performante et influente…
Il y a véritablement urgence…

 

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