Graves accusations
C’est après la découverte de vidéos choquantes dans le téléphone de son mari que l’affaire a éclaté. De retour d’un voyage, elle a pu constater la double vie que mène son époux, un psychiatre à la tête d’une clinique de traitement d’addiction, accusé aujourd’hui d’avoir transformé son cabinet et son domicile en un lieu de débauche et de consommation de drogue.

La chambre criminelle près la Cour d’appel de Fès a une nouvelle fois été le théâtre d’une audience très attendue lundi 23 février. Le procès d’un psychiatre, jugé aux côtés de six autres prévenus pour des accusations gravissimes de traite des êtres humains et d’exploitation sexuelle sur ses patientes, a été renvoyé au 2 mars 2026. Ce délai, accordé par le président de la chambre criminelle près la Cour d’appel, doit permettre la poursuite et l’achèvement des plaidoiries dans ce dossier hors norme.
L’affaire, qui a défrayé la chronique depuis juillet 2025, repose sur des accusations d’une rare noirceur. Le praticien, à la tête d’une clinique spécialisée dans le traitement des addictions, est soupçonné d’avoir utilisé sa position de médecin pour attirer des jeunes femmes dont des patientes et les soumettre à des sévices sexuels tout en les droguant à leur insu avec de l’héroïne et ce, avant de les agresser sexuellement et de filmer leurs calvaires. Lors de l’audience, le président a rappelé des chefs d’inculpation qui pèsent sur le psychiatre et les six autres personnes qui se sont tenus au box des accusés, à savoir traite des êtres humains et complicité, consommation de drogue dure, usurpation d’identité et participation à des avortements illégaux.

En effet, l’affaire a éclaté à la suite d’une plainte déposée par l’épouse du psychiatre, après avoir découvert son infidélité à son retour d’un voyage en France, un voyage qu’il avait refusé de faire avec elle et a insisté pour rester au Maroc. Dans sa plainte, l’épouse a affirmé qu’après son retour de voyage et en consultant le téléphone de son mari, elle avait trouvé des vidéos de soirées de sexe collectif organisées au domicile conjugal, parmi lesquelles des séquences montrant des pratiques avec des objets en plastique. Confronté à cela, le médecin a reconnu l’existence de ces vidéos, y compris un extrait le montrant avec plusieurs hommes et femmes nus dans le salon de sa maison. Toutefois, il a nié avoir exploité une quelconque patiente sans son consentement, estimant que son épouse cherchait à se venger de lui après qu’il a contesté la paternité du fœtus qu’elle portait, exigeant qu’elle fasse un test ADN.

Or cette version du psychiatre a été rejetée par l’une des jeunes femmes venues pour témoigner. Cette dernière a affirmé avoir été exploitée sexuellement par le médecin, indiquant qu’il la soumettait à des rituels étranges lors de ce qu’il appelait des séances de thérapie, comme jouer de la guitare, bégayer et répéter des phrases incompréhensibles, ce qui suscitait en elle la terreur. D’autres témoignages de jeunes femmes révèlent qu’il les a exploitées aussi bien chez lui, au foyer conjugal, qu’à sa clinique, dans sa voiture, ou même dans un Riad de la médina tenu par un propriétaire d’origine belge et sa secrétaire qui sont également suspectés d’avoir fermé les yeux sur des activités de débauche au sein de leur établissement, d’avoir hébergé des femmes sans les enregistrer et d’avoir toléré, voire participé, à la consommation de drogues sur place.

Par ailleurs, on cite parmi ses complices un photographe. Ce dernier est soupçonné d’être un intermédiaire. Selon l’enquête policière, il jouait le rôle de recruteur en attirant des jeunes femmes vers la clinique et les convainquaient de lui céder. Lors de son arrestation, les enquêteurs ont saisi chez lui des sextoys. Lui aussi a clamé son innocence une fois devant la Cour tout en expliquant que son activité se limitait à promouvoir les services de l’établissement via le réseau social Instagram.

Un autre complice est poursuivi pour avoir usurpé la fonction de professeur universitaire. Il exerçait illégalement la profession de psychothérapeute. Certes, il a nié s’être présenté avec le titre de professeur à l’université, mais il a reconnu avoir animé des séances de thérapie en échange d’argent. Car, selon ses déclarations aussi bien devant la police que devant la Cour, il est en possession d’un diplôme l’y autorisant, sans présenter un document qui l’atteste.
Les débats devant la Cour se poursuivront la semaine prochaine avec le réquisitoire du représentant du ministère public et les plaidoiries des avocats de la défense.

 

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