Crime ignoble
En plein mois de Ramadan, une rue tranquille de Mohammedia s’est transformée en scène de crime. Devant son lieu de travail, une jeune femme, trentenaire, a été mortellement poignardée par son mari, quelques jours seulement après avoir entamé une procédure de divorce.
C’est un drame d’une violence inouïe qui s’est, le jeudi 5 mars 2026, dans le quartier Derb Meknass à Mohammedia. Aux alentours de neuf heures du matin, l’horreur s’est invitée dans une journée qui s’annonçait ordinaire pour une jeune femme de trente-et-un ans, mère d’un enfant issu d’un premier mariage. Ce jour-là du mois sacré, alors qu’elle s’apprêtait à rejoindre son lieu de travail, elle a croisé sur son chemin celui qui était encore son époux sur le papier. Un homme de cinquante-et-un ans qu’elle avait décidé de quitter après seulement quinze mois d’un mariage devenu invivable.
En effet, leur histoire, commencée il y a un an et trois mois, avait pourtant connu des débuts paisibles. Certes, avant le mariage, il se comportait normalement avec elle. Mais très vite après, cet homme s’est métamorphosé. Employé mais refusant obstinément d’assumer ses responsabilités familiales, il laissait sa femme gérer seule les difficultés matérielles. Sur le plan affectif, le vide s’était installé. La jeune femme, elle, tentait de survivre dans cette union dysfonctionnelle, retournant régulièrement chez ses parents pour protester contre l’attitude de son mari qui, à chaque fois, parvenait à la ramener au foyer conjugal. Jusqu’à ce qu’elle ait franchi le pas décisif, à savoir lui demander le divorce. Face au refus de son époux, elle a saisi la justice et entamé une procédure de divorce pour discorde (Chikak). C’est là qu’il allait perdre tout contrôle de ses nerfs.
La veille du drame, mercredi 4 mars, le ton était déjà monté d’un cran. L’homme s’était présenté sur le lieu de travail de sa femme, une agence de transfert d’argent, semant le chaos. Il s’en était pris violemment à l’agence, agressant physiquement les personnes présentes. La mère de la jeune femme et ses amies ont accouru et ont réussi à le repousser. Mais cette confrontation n’était qu’un prélude. L’homme semblait avoir déjà pris sa décision. Il s’est rendu dans une quincaillerie pour acheter un couteau, une lame flambant neuve qui ne demandait qu’à servir son funeste dessein.
Jeudi matin, guettant les moindres mouvements de sa femme, il s’est posté aux abords de l’agence où elle travaillait. Il l’a vue arriver de loin. Le quartier était encore calme, la rue presque déserte. Il s’est jeté sur elle. D’une main brutale, il l’a traînée, ignorant ses supplications et ses tentatives pour se dégager.
Puis il a sorti l’arme du crime, ce couteau acheté la veille qui luisait encore. Les coups sont tombés, violents et précis. Il l’a frappée au ventre, à plusieurs reprises. Puis il a porté l’estocade finale, lui tranchant la gorge, la vidant de son sang sur le bitume. Quand les premiers passants, alertés par des bruits suspects, ont osé s’approcher, il était trop tard. La jeune femme gisait dans une mare de sang, assassinée par celui qui avait juré de l’aimer. Son meurtrier, lui, s’était déjà évanoui dans la nature, laissant derrière lui une scène de crime digne des pires cauchemars.
L’alerte a été donnée. Les éléments de la police judiciaire de Mohammedia se sont immédiatement mobilisés. Les témoignages se sont succédé, les premiers éléments de l’enquête se sont mis en place. Grâce à des investigations minutieuses sur le terrain, les limiers ont pu reconstituer la fuite du meurtrier et localiser sa cachette. C’est dans la région de Masbahiyate qu’ils ont finalement mis la main sur lui, mettant fin à sa cavale quelques heures seulement après le drame. Pendant ce temps, le corps sans vie de la victime était transporté à la morgue.
Il a été placé en garde à vue sous l’autorité du parquet général près la Cour d’appel de Casablanca alors que l’enquête se poursuit pour déterminer avec précision les circonstances exactes de cet ignoble crime.


