El Jadida : Un jeune couple écope de quinze et dix ans de réclusion criminelle

Agressions
Dernièrement, la chambre criminelle près la Cour d’appel d’El Jadida a refermé, au moins en première instance, l’affaire d’un couple qui a semé la terreur à travers les quatre coins de la capitale de la région de Doukkala.

Ils sont très jeunes, lui et elle. À peine sortent-ils de l’adolescence, le regard est encore teinté d’insouciance, mais les mains déjà lourdes de violence. Dans les ruelles animées d’El Jadida, les après-midis ensoleillés cachent mal la peur qui commençait à gagner les habitants. Depuis plusieurs semaines, des ombres silencieuses frappaient en plein jour. Et des plaintes ont commencé à tomber sur les bureaux du service provincial de la police judiciaire relevant de la sûreté à El Jadida. D’abord une, puis deux, puis une dizaine dont des jeunes, des lycéens parfois, racontaient la même scène : un couple les abordait, la fille souriait, engageait la conversation puis, soudain, l’autre sortait un couteau. La menace était brève mais glaçante. Le portable, un peu d’argent, et les ombres disparaissaient dans la nature.

Les enquêteurs de la brigade antigang chargés de l’affaire ont recueilli les témoignages. Les victimes, tremblantes mais déterminées, décrivaient les mêmes visages. Une fille aux cheveux longs, un garçon au regard dur et surtout un long couteau. La peur, aussi. Car ces vols n’étaient jamais silencieux ; ils laissaient parfois des bleus, des entailles, du sang sur le bitume. La machine judiciaire s’est mise en branle. Les recherches ont ciblé la jeune fille en premier. Son domicile? Elle n’y était pas. Mais la ville, elle, parlait. Un guet-apens a été tendu, discrètement, dans un quartier qu’elle fréquentait. Un après-midi, elle est tombée dans les filets. Interrogée, elle a nié. Mais les victimes sont arrivées, les unes après les autres. L’une a reconnu immédiatement celle qui lui avait volé son téléphone. Un autre, une cicatrice encore fraîche au bras, a raconté comment son complice l’a frappée avec le couteau, non loin du centre-ville. Les souvenirs sont précis. La fille a fini par baisser la tête.

Pendant ce temps, les limiers traquaient le jeune homme. Il s’est volatilisé depuis qu’il a appris l’arrestation de sa complice. Mais la brigade antigang, qui connaît les moindres recoins de la cité, a remonté sa piste. Quelques jours plus tard, à l’aube, il a été arrêté à son tour, surpris dans une chambre de fortune. Face aux enquêteurs, il a cédé. Il a avoué tout, d’une voix lasse : les vols, les menaces aussi bien de jour que de nuit. Et sa complice, finalement, a relaté qu’elle se chargeait d’attirer les victimes. Elle engageait avec eux des conversations tout en se faisant passer pour une prostituée avant de les détourner. Quant au jeune homme, lui, il surgissait, avec le couteau. C’était toujours le même modus operandi.

Soumis aux interrogatoires, leurs aveux ont scellé leur sort. Déférés devant le parquet général près la Cour, ils ont été placés en détention, puis renvoyés devant la chambre criminelle. Le jour du jugement, la salle était bondée. Des victimes, des familles et des visages marqués par l’attente. Le président les a interrogés. Les preuves étaient là, les témoignages accablants. Le représentant du ministère public a requis une peine maximale et l’avocat de la défense a réclamé les circonstances atténuantes. Et après les délibérations la sentence est tombée, froide et définitive : quinze ans de réclusion criminelle pour lui et dix ans pour elle.

 

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