Quand la présidentielle française s’élance !

Le grand saut
Pour certains il est encore tôt pour mesurer la tendance de ces élections. Ils en veulent pour preuve les nombreuses fois où les sondages avaient annoncé la victoire de certaines personnalités avant de les voir subir des échecs.

 

À quelques mois de la présidentielle française, le casting des candidats commence à se préciser. Le dernier maillon de cette dynamique fut donné par l’ancien ministre de l’intérieur, Bruno Retailleau, devenu patron des Républicains lorsqu’il s’est fait choisir par la base militante du parti comme leur candidat pour la prochaine course à la présidentielle.
En agissant de la sorte, Bruno Retailleau court-circuite l’option des primaires à droite prônée par certains pour se procurer un candidat qui dispose du plus large soutien possible. Cette primaire avait déjà du plomb dans l’aile. L’interrogation principale était de savoir ce que contenait le spectre de cette droite amenée à y participer. Faut-il intégrer des portions de l’extrême droite qui se réclame de la droite comme le mouvement incarné Dupont Aignan, Sarah Knafo ou autre Phillipe De Villers ?
En précipitant sa désignation comme candidat par les Républicains, Bruno Retailleau torpille le principe même de cette primaire. Un autre candidat de droite aurait pu y figurer en bonne place, c’est Édouard Phillipe l’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron. Il vient d’être réélu maire et Havre et s’est mis sur orbite pour conquérir l’Elysée. Une primaire à droite aurait pu trancher le choix des militants entre lui, Bruno Retailleau et l’autre outsider de la droite Laurent Wauquiez.
A l’extrême droite, les enjeux vont se préciser en juillet prochain lorsque la justice française va se prononcer définitivement sur l’inéligibilité de Marine Le Pen embourbée dans une affaire de détournement d’argent européen. Le Rassemblement National, parti d’extrême droite, se compte déjà comme si Marine Le Pen était déjà politiquement enterrée et travaille à la promotion de la solution alternative incarnée par Jordan Bardella. D’ailleurs tous les instituts de sondage font des études d’opinion prospectives sur la base de l’hypothèse Jordan Bardella. À gauche la situation est plus compliquée qu’à droite ou à l’extrême droite. Pour la gauche traditionnelle composée du Parti socialiste, des communistes et des verts, l’enjeu vital est de pouvoir présenter un candidat dont la réussite ne dépendra pas de la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon. Or les récentes élections municipales ont montré cette dépendance politique de la gauche traditionnelle par rapport à la gauche dite radicale incarnée par la France insoumise.
De l’autre côté aucun candidat de la France insoumise ne peut prétendre rêver d’atteindre l’Elysée sans le soutien massif des autres composantes de la gauche. Et la tension entre les leaders de gauche est telle qu’elle peut avoir un effet paralysant qui pourrait ouvrir un boulevard devant la droite et l’extrême droite lors de ces prochaines présidentielles.
Reste le camp macroniste. Emmanuel Macron, de par la Constitution, ne pourra pas concourir à un troisième mandat. Il ne pourrait qu’adouber un candidat proche de sa ligne politique. Et l’homme qui se dégage dans cette galaxie s’appelle Gabriel Attal. Ce dernier, patron du parti Renaissance, ne cache pas ses ambitions de concourir pour cette présidentielle. Il aura une grande difficulté à gérer, celle de devoir défendre le bilan d’Emmanuel Macron qui est lourdement sanctionné par les Français. Les nombreux sondages d’aujourd’hui sont extrêmement favorables à Jordan Bardella. Il est donné vainqueur dans toutes les hypothèses. Ce qui change c’est la distance avec laquelle il gagne en fonction du candidat qui lui dispute l’Élysée. Ce scénario attire la curiosité mais ne semble pas inquiéter beaucoup de monde en France. Pour certains il est encore tôt pour mesurer la tendance de ces élections. Ils en veulent pour preuve les nombreuses fois où les sondages avaient annoncé la victoire de certaines personnalités avant de les voir subir des échecs. L’homme qui concentre aujourd’hui toutes les attentions, Jordan Bardella, arrive certes à séduire et à provoquer une forme de disruption. Mais son profil souffre de beaucoup de failles, comme une absence d’expérience professionnelle remarquée et une légèreté aussi bien dans le cursus que dans la formation. Et la question qui se posera un jour aux Français : vont-ils confier le destin de leur pays à une personnalité aussi peu qualifiée à gérer les grandes crises et les grandes difficultés. C’est la grande question qui va déterminer si les Français vont faire le grand saut de choisir pour la première fois une personnalité de l’extrême droite pour lui confier leur destin ?

 

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