Fonds internationaux : Un premier semestre 2026 sous le signe de l’accélération

Plus de 61 milliards de dirhams transférés en six mois

Envoi de fonds : Les transferts des MRE affichent une nette accélération au premier semestre 2026. Après un démarrage timide en janvier et février, les flux ont progressé de manière plus soutenue à partir de mars pour s’établir à plus de 61 milliards de dirhams à fin juin. Décryptage.

Les transferts des Marocains résident à l’étranger changent de cadence en 2026. Après une année 2025 marquée par une progression contenue, les flux enregistrés au premier semestre 2026 affichent une hausse notable en glissement annuel. Derrière cette accélération se dessine toutefois une trajectoire contrastée.
La dynamique observée au titre des deux premiers mois de l’année laisse apparaître une évolution négative au mois de janvier et une reprise modérée au mois de février. En effet, les transferts de fonds ont démarré l’année en demi-teinte. Se référant aux données disponibles sur le site de l’Office des changes, le montant généré au mois de janvier s’est établi autour de 9,38 milliards de dirhams contre 9,45 milliards de dirhams une année plus tôt, soit un recul de 0,8 %. En valeur, cette baisse se traduit par une perte de 74 millions de dirhams.
À fin février 2026, les fonds transférés se sont élevés à 18,54 milliards de dirhams, contre 17,80 milliards de dirhams enregistrés à la même période de l’année précédente. La progression se limitait alors à 4,2 %, soit 739 millions de dirhams en glissement annuel, marquant un net ralentissement par rapport aux mois suivants. En effet, la croissance des transferts de fonds des MRE s’est fortement redressée à partir de mars, creusant progressivement l’écart avec les niveaux de 2025, avec des taux de croissance oscillant entre 8,8 % et 11,7 % jusqu’en juin, portant le cumul semestriel à plus de 60 milliards de dirhams. Dans les détails, les transferts ont atteint à fin mars les 29,74 milliards de dirhams, contre 26,62 milliards de dirhams à fin mars 2025, soit une hausse de 11,7 %. Il s’agit de la progression la plus forte du semestre, soit un additionnel de 3,12 milliards de dirhams. En avril, les transferts cumulés se sont chiffrés à 39,97 milliards de dirhams, contre 36,42 milliards de dirhams à fin avril 2025, soit une progression de 9,8 % et un montant supplémentaire de 3,55 milliards de dirhams. Un mois plus tôt, le cumul des transferts s’établissait à 50,22 milliards de dirhams, contre 46,16 milliards de dirhams à fin mai 2025. La hausse atteignait alors 8,8 % à fin mai, correspondant à un montant additionnel de 4,06 milliards de dirhams.
À fin juin 2026, les transferts des MRE ont atteint 61,48 milliards de dirhams, contre 55,95 milliards de dirhams un an plus tôt à la même période. Cela représente une progression de 9,9 %, soit un montant supplémentaire de 5,52 milliards de dirhams par rapport à fin juin 2025.
Cette accélération observée en 2026 s’inscrit dans le prolongement d’une dynamique positive, mais ralentie, en 2025. Se référant au dernier rapport annuel de Bank Al-Maghrib, les transferts des MRE ont poursuivi leur progression, en décélération, avec une amélioration de 2,6 % sur l’ensemble de l’année atteignant ainsi les 122 milliards de dirhams, soit 188 % de leur niveau d’avant-pandémie.

L’Europe principal réservoir

Pour sa part, le rapport annuel sur la supervision bancaire met en évidence une stagnation en 2025 du volume des transferts de fonds internationaux transitant par les établissements de paiement. Ce flux s’est situé autour de 65,8 milliards de dirhams, émanant à hauteur de 74 % d’Europe, de 13 % des pays du Golfe, de 10 % de l’Amérique et de 11 % de l’Afrique. Une répartition qui, selon la Banque centrale, ressort conforme aux exercices précédents.
La répartition par pays émetteur est également restée inchangée par rapport à l’année précédente. Les dix premiers pays émetteurs concentrent 90 % des transferts, avec en tête la France (24 %), l’Espagne (20 %), l’Italie (11 %), les États-Unis (8 %), la Belgique (7 %) et l’Arabie Saoudite (6 %). Côté destination, ces transferts profitent pour plus de 59 % aux régions de Casablanca-Settat, l’Oriental, Rabat-Salé-Kénitra et Tanger-Tétouan-Al Hoceïma. La ville de Casablanca capte à elle seule plus de 14 % des transferts internationaux, dont 59 % en provenance d’Europe précisément la France (24 %), l’Italie (14 %), l’Espagne (7 %). Les pays du Conseil de coopération du Golfe arrivent en deuxième position avec des parts de l’ordre de 20 %, suivis de l’Amérique du Nord (16 %).

Le canal digital poursuit sa percée

Au titre de l’exercice 2025, le volume des transferts internationaux reçus via le canal digital a poursuivi sa tendance haussière, atteignant 12 milliards de dirhams, contre 7,6 milliards de dirhams un an auparavant, soit une hausse de 58 %. Ce volume représente désormais 18 % de l’ensemble des transferts internationaux servis au Maroc, contre 12 % à fin 2024, dont 51 % atterrissent directement sur des comptes de paiement.
La région de Casablanca-Settat capte 24 % de ces transferts digitaux, suivie de Rabat-Salé-Kénitra avec 13 %. À l’échelle des villes, Casablanca reçoit 16 % des transferts digitaux, suivie de Marrakech, Fès et Tanger, à égalité avec 5 % chacune.
S’agissant des transferts nationaux réalisés par ces mêmes établissements de paiement, leur volume a totalisé près de 55,6 milliards de dirhams à fin 2025, en hausse de 11 % par rapport aux 50,2 milliards de dirhams enregistrés une année auparavant. Sur ce total, 23 % sont émis depuis Casablanca.

 

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