
Marchés monétaire et obligataire : Le déficit de liquidité bancaire poursuit son allègement, tandis que le marché obligataire reste soutenu par une situation de financement confortable du Trésor. Cette configuration, mise en exergue dans une récente analyse de BMCE Capital Global Research (BKGR), devrait favoriser une stabilisation des taux courts et une détente modérée des maturités intermédiaires.
Le déficit de liquidité bancaire poursuit progressivement son allègement. Il ressort à une moyenne de -134,3 milliards de dirhams sur la période allant du 29 juillet au 5 août 2026, en baisse 2,70%. Une évolution intervient alors que les interventions de Bank Al-Maghrib à travers les avances à 7 jours se sont renforcées de 9,8 milliards de dirhams, portant leur encours à 53,9 milliards de dirhams. C’est ce que l’on peut tirer de la dernière édition du «Fixed Income Weekly» de BMCE Capital Global Research (BKGR). Parallèlement, les placements du Trésor ont reculé. Leur encours quotidien maximal s’est limité à 9,6 milliards de dirhams, contre 16,5 milliards de dirhams une semaine auparavant.
L’analyse de BKGR laisse apparaître également une stabilité du taux moyen pondéré (TMP) à 2,250%, tandis que le MONIA a reculé pour atteindre 2,156%.
Sur le marché primaire, la dernière adjudication du Trésor s’est caractérisée par un montant levé relativement faible. Sur les 4,6 milliards de dirhams initialement proposés, le Trésor n’a retenu que 800 millions de dirhams. Cette levée a porté sur une échéance de 52 semaines, avec un taux limite de 2,3001%. Cette opération s’est traduite par une légère progression de 1,5 point de base du taux primaire. Sur le marché secondaire, la tendance a globalement été orientée à la hausse au cours de la période sous revue. Les principales tensions ont concerné les maturités 26 semaines, 52 semaines et 13 semaines, dont les taux se sont respectivement renforcés de 4,63 points de base, 4,32 points de base et 1,67 point de base. À l’inverse, la maturité 2 ans a enregistré une légère détente, avec une baisse de 0,96 point de base. Pour la prochaine période, les analyses de BKGR estiment que Bank Al-Maghrib devrait ralentir le rythme de ses interventions sur le marché monétaire. Le volume des avances à 7 jours est ainsi attendu à 49,4 milliards de dirhams, contre 53,9 milliards de dirhams précédemment.
Sur le marché obligataire, les perspectives restent relativement favorables Avec un besoin prévisionnel limité à 5 à 5,5 milliards de dirhams et de faibles tombées estimées à 4,5 milliards de dirhams en août, le Trésor disposerait encore d’une situation confortable avant le pic des remboursements attendu en octobre, évalué à près de 16 milliards de dirhams.
Dans ce contexte, le Trésor devrait continuer à privilégier une gestion sélective de ses levées, ce qui pourrait contribuer à limiter les pressions sur la courbe primaire.
BKGR indique dans ce sens que les taux courts devraient ainsi se stabiliser après les tensions enregistrées durant la semaine. Une détente modérée reste également envisageable sur les maturités intermédiaires, soutenue notamment par la profondeur de la demande et le recul des émissions obligataires privées à fin juin.
Toutefois, la forte progression des émissions de titres de créances négociables (TCN) observée à fin juin pourrait limiter l’ampleur d’une éventuelle détente sur la partie courte de la courbe. Le marché monétaire évolue dans un contexte marqué par l’allègement progressif du déficit de liquidité, tandis que les perspectives d’intervention de Bank Al-Maghrib traduisent une réduction attendue des avances à 7 jours.
Sur le marché obligataire, la situation confortable du Trésor à court terme lui permettrait de conserver une approche sélective de ses levées. Si les taux courts devraient retrouver davantage de stabilité, les maturités intermédiaires pourraient bénéficier d’une détente modérée, sous réserve notamment de l’évolution des émissions de TCN.