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Cette exposition, qui se poursuit jusqu’au 10 juin à l’initiative de la Fondation nationale des musées et la Galerie Marsam, montre comment l’enfance fragmentée et l’exil ont profondément nourri sa démarche artistique.
Pensée comme un parcours rétrospectif, «La Solitude des formes» invite à considérer l’œuvre d’Aziz Abou Ali comme un corpus unifié, traversé par des tensions constantes : entre figuration et abstraction, corps et disparition, enfermement et résistance, rigueur et liberté du geste. Initiée par la Fondation nationale des musées et la Galerie Marsam, cette exposition, qui se poursuit jusqu’au 10 juin au Musée Villa Harris à Tanger, montre comment l’enfance fragmentée et l’exil ont profondément nourri sa démarche artistique.
A travers une sélection de peintures, dessins, gravures et sculptures, l’exposition met en avant les principales orientations de son travail. La figure humaine y demeure centrale, mais apparaît souvent réduite, entravée, fragmentée ou privée de visage. Le corps n’y est pas représenté pour raconter une histoire ou décrire une scène ; il est utilisé comme un moyen d’expression, pour traduire une tension intérieure, le silence et une forme de résistance.
Né à Marrakech en 1935, le peintre Aziz Abou Ali développe une trajectoire marquée par une enfance précaire, une formation artistique tardive et un exil prolongé en Espagne. D’abord autodidacte, puis formé aux Écoles des beaux-arts de Tétouan, Séville et Madrid, il construit un langage plastique exigeant, centré sur la figure humaine et sur une pratique rigoureuse de la gravure.
A partir des années 1980, l’artiste vit principalement à Madrid dans des conditions matérielles de plus en plus précaires, tout en maintenant une pratique soutenue jusqu’à la fin de sa vie. Sa disparition en 1993, survenue dans l’appartement où il vivait et travaillait, marque la fin d’un parcours individuel, sans clore pour autant l’histoire de l’œuvre, qui témoigne d’une recherche menée avec constance et exigence. Cette exposition participe d’une démarche de redécouverte, de transmission et de préservation, en réunissant un ensemble significatif de pièces et en rappelant les enjeux patrimoniaux liés à la conservation d’un corpus essentiel de l’histoire de l’art marocain.


