Vol
Ce qui n’était au départ qu’une relation d’amitié et de confiance entre deux femmes s’est transformé en une affaire judiciaire. La disparition de bijoux en or d’un coffre-fort de maison a conduit une domestique devant la justice.
Tout a commencé par une disparition silencieuse, celle de bijoux en or soigneusement rangés dans un coffre-fort neuf, installé dans la chambre à coucher d’une villa située à Marrakech. Lorsque la propriétaire des lieux s’en est aperçue, le doute n’a pas duré longtemps. Ses soupçons se sont aussitôt tournés vers une femme qu’elle connaissait depuis des années ; une amie devenue, avec le temps, son employée de maison.
La plainte a été déposée et l’affaire a rapidement pris le chemin des bureaux de la gendarmerie royale. Les bijoux, d’une valeur estimée à près de cinquante mille dirhams, s’étaient volatilisés. Pour la plaignante, une certitude s’est imposée : une seule personne avait un accès régulier à la villa et à la chambre où se trouvait le coffre-fort.
Lors de son audition, la plaignante a expliqué que son employée avait, selon elle, reconnu les faits de manière indirecte, sans jamais donner de détails clairs. Un autre élément qui est venu renforcer ses soupçons a été la réaction du mari de la femme mise en cause. Celui-ci lui avait remis un chèque bancaire de soixante-dix mille dirhams, présenté comme une garantie, dans l’attente de la restitution des bijoux ou de leur valeur financière.
Face aux enquêteurs de la gendarmerie royale, la domestique a nié en bloc les accusations. Âgée de trente-trois ans, elle a raconté aux enquêteurs son parcours fait de petits métiers, entre nettoyage et coiffure. Elle a surtout insisté sur la relation de confiance qui la liait à la plaignante, une relation ancienne, bien antérieure à cette affaire. Elle a rappelé que la plaignante vivait autrefois à El Jadida, où elle gérait un café, avant d’épouser un ressortissant étranger et de s’installer à Marrakech. À l’occasion de l’Aïd Al-Adha 2023, elle s’était rendue chez elle. Le séjour avait duré une vingtaine de jours, au terme desquels la plaignante lui a proposé de rester pour travailler de manière permanente dans la villa, en s’occupant des tâches ménagères et en l’aidant à élever ses jumeaux. Selon sa version, elle avait accompagné la famille dans un autre appartement à Marrakech, puis était retournée seule à la villa afin de récupérer quelques affaires. Elle a affirmé être entrée dans la chambre à coucher sans rien remarquer d’anormal, assurant que le coffre-fort était fermé.
Quelques mois plus tard, après être retournée avec son mari à leur foyer conjugal dans la région de Moulay Abdellah relevant de la province d’El Jadida, la convocation de la gendarmerie royale est venue rompre le cours ordinaire de sa vie. Elle s’est alors retrouvée face à une accusation de vol.
Devant la chambre correctionnelle du tribunal de première instance d’El Jadida, les versions se sont opposées. Le juge l’a confrontée aux éléments du dossier, à ses déclarations et au chèque bancaire remis par son mari à la plaignante. Elle n’a pas su convaincre le tribunal de son innocence.
Au terme des débats et des délibérations, la justice a tranché. La femme a été reconnue coupable de vol et condamnée à dix mois de prison ferme.



