Rencontré en marge de l’inauguration de l’exposition «Yves Saint Laurent en scène» au Musée Yves Saint Laurent de Marrakech, Madison Cox, président de la Fondation Pierre Bergé-YSL, livre à ALM les contours de cette exposition, le rôle de la Fondation qu’il préside et ses ambitions.
ALM : Le Musée Yves Saint Laurent Marrakech vient d’inaugurer une nouvelle exposition intitulée «Yves Saint Laurent en scène». Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?
Madison Cox : «Yves Saint Laurent en scène» est une exposition conçue autour d’une passion fondatrice dans la vie d’Yves Saint Laurent : le théâtre et le spectacle. Dès son plus jeune âge, il développe une fascination profonde pour l’univers scénique qu’il s’agisse du théâtre, du music-hall, du ballet classique ou contemporain. Cette passion a nourri toute son œuvre. Le spectacle était pour lui une source d’inspiration permanente, un espace de liberté créative où costumes, lumière et mise en scène dialoguaient avec la haute couture. L’exposition met en lumière cette dimension essentielle de son parcours artistique.
Que représente aujourd’hui la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent pour Marrakech et pour le Maroc ?
La Fondation Pierre Bergé -Yves Saint Laurent est une fondation française, basée en France, qui conserve l’ensemble des archives, dessins et créations d’Yves Saint Laurent. Elle prête une grande partie des œuvres exposées à Marrakech. En parallèle, la Fondation Jardin Majorelle est une institution marocaine à but non lucratif. Sa mission dépasse la seule conservation patrimoniale : elle soutient de nombreuses initiatives culturelles, éducatives et sociales au Maroc, qu’il s’agisse de programmes en faveur des musiciens, d’actions de sensibilisation à la santé ou de projets destinés aux enfants. La Fondation autofinance l’ensemble de ses activités et contribue activement au développement culturel du Royaume.
Selon vous, quel rôle joue la Fondation dans le rayonnement culturel à l’international ?
Notre rôle, aux côtés d’autres institutions nationales comme la Fondation nationale des musées, est de promouvoir le patrimoine marocain au-delà des frontières. Notre ambition est de participer pleinement au dialogue culturel international.
Comment choisissez-vous les thématiques des expositions temporaires ?
Nous cherchons toujours à établir un lien entre Yves Saint Laurent et le Maroc. Chaque exposition explore une facette de son œuvre en résonance avec la culture marocaine. Dans le cas de «Yves Saint Laurent en scène», nous avons souhaité mettre en lumière sa passion pour le théâtre et le spectacle. Or, le spectacle occupe une place centrale dans la culture marocaine – qu’il s’agisse du théâtre de rue, des traditions orales ou des formes artistiques populaires transmises de génération en génération. Il nous a semblé pertinent de montrer au public marocain combien cette passion, née dès l’âge de 12 ou 13 ans chez Yves Saint Laurent, trouve un écho particulier dans l’âme culturelle du Maroc.
Les artistes marocains occupent-ils une place dans votre programmation ?
La Fondation inscrit son action dans une dynamique collaborative forte avec les institutions culturelles nationales, notamment le ministère de la culture du Maroc et la Fondation nationale des musées. Cette synergie se traduit par l’organisation d’événements majeurs tels que la Nuit Blanche, devenus des moments incontournables de la saison culturelle. Ces initiatives visent à renforcer la visibilité des artistes marocains et à encourager le dialogue entre créateurs, institutions et public.
Quels projets structurants développez-vous actuellement ?
La Fondation prépare la mise en place du Prix Jardin Majorelle, adossé au futur Musée de la photographie à Casablanca. Ce dispositif permettra d’accompagner les jeunes talents à travers des stages et des programmes de formation spécialisés. Un projet d’école des métiers des musées est également en cours, avec des implantations prévues à Casablanca et Rabat. L’ambition est de professionnaliser davantage le secteur muséal et d’anticiper les besoins futurs en compétences. Par ailleurs, la création d’un centre d’études et d’une bibliothèque spécialisée constitue un autre pilier stratégique. Avec un fonds de plus de 15.000 ouvrages, la Fondation souhaite offrir au public marocain un espace ouvert de consultation et de recherche.
Quelles sont les ambitions de la Fondation ?
Notre ambition est de rester profondément fidèles à l’héritage d’ Yves Saint Laurent et Pierre Bergé : soutenir les initiatives culturelles, préserver le patrimoine marocain et transmettre les savoirs.




