Viol
Attirée par une simple annonce d’emploi sur Facebook, une jeune femme en situation de détresse a basculé dans un guet-apens soigneusement monté. Derrière un profil rassurant se cachait un prédateur qui promettait un travail mais n’offrait en fait que la peur et l’humiliation.

L’histoire avait commencé quelques mois plus tôt sur les réseaux sociaux, Facebook en l’occurrence. Une jeune femme de vingt-cinq ans, serveuse au chômage, le cœur usé par un divorce récent, cherchait une bouée dans ce grand océan virtuel. Originaire de Sidi Bennour, elle était venue à El Jadida comme on vient au monde, sans filet, sans guide, avec pour seul bagage la nécessité de survivre. Ses doigts avaient glissé sur l’écran, s’arrêtant sur une annonce qui promettait un emploi comme serveuse pour café. La photo de profil montrait une femme au sourire rassurant. La conversation virtuelle s’était engagée, naturelle. La jeune femme s’est rassurée en lisant qu’il s’agit de «quelqu’un de sérieux, un café à Moulay Abdallah. Appelle ce numéro». Juste un numéro. Pas de nom. Pas d’adresse. Rien que la promesse d’un lendemain meilleur. Au bout du fil, une voix d’homme, chaude, arrangeante, presque paternelle. Oui, bien sûr, il cherchait une employée. Le salaire ? On en parlera. Le café ? Près du centre. Pourquoi ne pas se voir tout de suite? La nuit tombait sur El Jadida. Elle l’avait rejoint près du rond-point Marrakech, au centre-ville de la capitale Doukkalie. Il était là sur sa moto, silhouette anonyme dans la pénombre. Il lui a demandé de monter derrière tout en la rassurant que le café n’était pas loin. Elle était montée, confiante. Mais le chemin devenait plus étroit, plus sombre, plus inquiétant.

Lui demandant sa destination, il s’est arrêté et lui a chuchoté qu’il devait attendre un ami, pour lui donner du haschich. L’excuse était mince comme une feuille de papier, mais la nuit était froide et la maison traditionnelle, là-bas, semblait offrir un abri. Dans l’obscurité de cette pièce inconnue, le masque était tombé. Pas de café, pas de travail, juste un monstre qui ne pensait qu’à ses besoins bestiaux. Toute seule à son merci, elle avait cédé, non par désir, mais par cette peur animale qui paralyse les membres et vide l’esprit. Cent dirhams. C’est ce qu’il lui avait glissé dans la main en la déposant près du centre-ville, comme on jette une pièce à un mendiant.

Cent dirhams pour acheter son silence et pour solder une vie. Elle était montée dans un taxi, le regard vide, serrant ce billet comme une preuve, comme une blessure. Mais, le lendemain, elle est allée chez la police et a déposé plainte. L’homme au faux compte, au faux sourire, aux fausses promesses, a fini par être arrêté. Soumis aux interrogatoires, il a craché le morceau. Oui, le compte était un leurre. Oui, il avait déjà tenté avec d’autres. Elles n’étaient pas venues mais elle, portée par l’espoir de trouver un emploi, est tombée dans le piège. Elle s’est retrouvée noyée dans un océan de désespoir.
Le verdict est tombé mardi 17 février : huit ans de réclusion criminelle.

 

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