«Aïta, fragments poétiques d’une scène marocaine», tel est le titre du nouveau livre paru chez la Maison du livre Kulte Edition. Il donne la voix à une mémoire collective portée par les traditions orales, les luttes féminines et l’art de la parole.
La Maison du livre Kulte Edition annonce la parution de l’ouvrage «Aïta, fragments poétiques d’une scène marocaine». Il s’agit d’un livre qui explore les multiples dimensions de cette forme d’expression poétique et musicale marocaine, à la fois populaire et subversive. Il est inspiré de la figure emblématique de Hadda Al Ghaîtia dite Kharboucha, célèbre chanteuse marocaine engagée de la fin du XIXe siècle. «Il met en lumière l’histoire singulière et fascinante de cette femme puissante devenue, malgré son analphabétisme, une figure de la résistance contre le pouvoir établi, ainsi que l’histoire riche et complexe de l’art oratoire de l’Aïta, forme d’improvisation poétique dont les origines remontent à la dynastie almohade vers le XIIe siècle, sont une source précieuse d’inspiration.
Langage populaire, poétique et politique, qui porte une mémoire collective comme individuelle, tout en étant témoin de son temps, l’Aïta rassemble les hommes et les femmes à travers les siècles et les régions du Maroc, de la campagne à la ville», lit-on dans la présentation du livre. En effet, «Aïta, fragments poétiques d’une scène marocaine» donne la voix à une mémoire collective portée par les traditions orales, les luttes féminines et l’art de la parole. Le lecteur découvre des pratiques et écritures de l’histoire de l’art chez Toni Maraini, en discussion avec Fatima Zahra Lakrissa, en passant par un essai sur le Moussem d’Assilah (1978) de Maud Houssais, la poésie de Rim Battal, celle de Mririda N’ait Attik et les textes de Sonia Recasens invitant le lecteur à repenser l’art de conter l’art contemporain et la culture populaire. L’ouvrage accompagne par ailleurs l’exposition «Aïta» présentée depuis quelques jours au FRAC Méca à Bordeaux en France (prévue jusqu’au début janvier 2026). Elle a mis en scène les œuvres d’une trentaine d’artistes marocains.
L’exposition et l’ouvrage sont également inspirés de la série photographique «Le Chant de l’ombre» de Mohssin Harraki, qui puise dans ses poèmes pour composer des vers qu’il écrit sur 7 pierres du Lot. Le souffle poétique de ce patrimoine culturel immatériel donne le ton de cette exposition, qui tel un poème composé à plusieurs voix raconterait le quotidien, chanterait l’amour et la volupté, dénoncerait les répressions et les discriminations tout en rendant hommage aux femmes, gardiennes des mémoires.
A propos de l’exposition «L’Aita» au Frac Méca à Bordeaux
Axes de lecture Depuis le 3 juillet et jusqu’au 4 janvier 2026, le Frac Nouvelle-Aquitaine Méca, basé à Bordeaux accueille l’exposition «l’Aita». Le projet est commissarié par Sonia Recasens, il réunit une trentaine d’artistes marocains comme Malika Agueznay, Soukaina Joual et Yasmine Hatimi ou encore des artistes plus confirmés comme M’Barek Bouhchichi et Amina Benbouchta. Il présente ainsi la série photographique «Le chant de l’ombre» de l’artiste Mohssin Harraki acquise par le Frac MÉCA en 2019. Comme un hommage à Hadda Al Ghaîtia dite Kharboucha, célèbre chanteuse marocaine engagée de la fin du XIXe siècle, Mohssin Harraki puise dans ses poèmes pour composer des vers qu’il écrit sur 7 pierres du Lot. L’exposition est présentée selon plusieurs axes de lecture, à savoir «Le cri de la terre» et «Mémoire tatouée». Le public distingue d’autres axes, en l’occurrence «Souffle poétique», «Halka», «Rêves de femmes», «Un air de famille», «Identités contrariées», «Juste une prière» et autres.




