Classement
Selon le Centre cinématographique marocain, le film marocain «Joj Rouah» du réalisateur Alaa Akaaboune est en tête du box-office marocain, suivi de «Famille au-dessus de tout soupçon» de Hicham Jebbari et «La Mer au loin» de Saïd Hamich.
Les salles obscures marocaines connaissent, ces dernières semaines, une dynamique remarquable marquée par le retour en force des productions nationales. Longtemps dominé par les films étrangers, le box-office enregistre aujourd’hui une nette progression des œuvres marocaines, qui séduisent un public de plus en plus en quête d’histoires proches de son vécu. Selon les données communiquées par le Centre cinématographique marocain, la période suivant le mois de Ramadan, coïncidant avec les vacances de Aïd el-Fitr, a été particulièrement favorable à cette tendance. En tête du classement, le film « Joj Rouah » du réalisateur Alaa Akaaboune s’impose comme un véritable succès populaire.
Le long-métrage raconte l’histoire de deux jeunes amoureux aspirant à se marier, mais confrontés à des événements imprévus qui bouleversent leurs projets. À travers ce récit, le film explore avec finesse les enjeux de la communication au sein du couple, les limites du compromis, ainsi que le poids des normes sociales dans les choix des jeunes. En effet, la deuxième place est occupée par l’œuvre « Famille au-dessus de tout soupçon », signé Hicham Jebbari. Mêlant habilement suspense et comédie, le film plonge le spectateur dans les péripéties d’une famille entraînée dans une aventure inattendue. Confrontés à des situations complexes liées à des affaires frauduleuses, ses membres doivent arbitrer entre intérêts personnels et préservation des valeurs familiales.
Porté par une distribution de renom, avec notamment Aziz Dadas, Majdouline Idrissi, Rafik Boubker et Nafissa Benchehida, le film séduit par son ton oscillant entre humour et comédie noire, tout en mettant en avant la chaleur des liens familiaux face à l’adversité.
En ce qui concerne la troisième place du podium, elle est occupée par «La Mer au loin» du cinéaste Saïd Hamich, une œuvre relevant du cinéma d’auteur. Le film suit le parcours de Nour, un jeune Marocain qui migre clandestinement vers Marseille, où il tente de survivre avec ses amis entre précarité, espoir et quête de dignité. D’une durée de 117 minutes, le long-métrage se distingue par une approche visuelle soignée et une narration empreinte de réalisme poétique.
Face à cette montée en puissance, les productions étrangères peinent à rivaliser. Le film «Projet Dernière Chance» arrive en tête des films internationaux, suivi de «Scream 7» et du film d’animation «Jumpers», sans parvenir toutefois à concurrencer l’engouement suscité par les œuvres locales. Il faut dire que cette reconfiguration du paysage cinématographique marocain traduit une évolution notable des goûts du public, désormais plus enclin à soutenir des récits ancrés dans la réalité sociale et culturelle nationale. Elle témoigne également d’une amélioration significative de la qualité des productions marocaines, tant sur le plan de l’écriture que de la réalisation et de l’interprétation, ainsi que d’une montée en puissance des stratégies de promotion, devenues essentielles pour attirer les spectateurs en salle.



