La gratitude est la mémoire du cœur…

Respect
Une Nation, un pays, l’âme d’un peuple, se révèlent dans l’adversité: nous en avions eu une démonstration éclatante lors du séisme d’Al Haouz, les crues actuelles nous le montrent à nouveau.


La gratitude est censée être une valeur, un sentiment noble, une sorte de reconnaissance qui peut fort bien être muette mais qui «élève» aussi bien celui qui la ressent que celui qui la reçoit et n’est en aucun cas avilissante. Force pourtant est de reconnaître qu’elle devient rare et cède la place à l’opportunisme et au profit…
Le monde associatif véhicule hélas lui aussi son lot d’ingratitude, alors que s’il est un domaine où le bénévolat, le dévouement et le bien commun devraient au contraire nous préserver de ces maux, c’est bien celui-ci…
Bien évidemment il serait injuste de généraliser et d’ailleurs actuellement les réseaux sociaux se font l’écho de beaucoup de gratitude, de reconnaissance et de respect envers celles et ceux qui depuis de nombreuses semaines se dévouent corps et âme pour préserver des vies, secourir les victimes des inondations et protéger l’ensemble des populations vivant dans les zones à risque.
Il faut dire que de nombreuses photos et vidéos se font témoin de scènes courageuses et émouvantes : ici un pompier qui embrasse une femme âgée sur le front après l’avoir secourue, là un gendarme avec de l’eau jusqu’à la taille qui guide un camion pris dans un tourbillon, ailleurs des policiers poussant une voiture prise dans les eaux sur une route, ailleurs encore les Forces Armées Royales qui portent des enfants sur leurs épaules… certains vont me dire que partout dans le monde ces scènes sont vécues, sans doute, mais chez nous elles s’accompagnent d’un supplément d’âme : embrassades et bénédictions pour les sauveteurs, mots tendres «mouimti», «l’oualid» pour les sinistrés âgés… prières, repas partagés…
Autant de gestes et de paroles qui montrent que notre éducation, nos valeurs, notre solidarité restent profondément ancrés en nous.
Puisque je parle de solidarité, là encore remarquons le rôle exceptionnel de notre jeunesse : des jeunes des quartiers touchés par les inondations, qui viennent en aide aux familles en détresse, qui secourent des animaux en détresse, d’autres jeunes de différentes villes du Royaume qui se consacrent à la collecte de vêtements chauds… au-delà de la solidarité, parlons également de fraternité.
Une Nation, un pays, l’âme d’un peuple, se révèlent dans l’adversité: nous en avions eu une démonstration éclatante lors du séisme d’Al Haouz, les crues actuelles nous le montrent à nouveau, et je crois sincèrement que la part prise par notre jeunesse dans ces catastrophes doivent nous «rassurer» quant à leur valeur et leur patriotisme.
Dieu merci nous sommes un certain nombre à ne pas avoir attendu ces démonstrations pour leur vouer une réelle confiance mais les sceptiques et nos dirigeants devraient réviser beaucoup de leurs jugements et en tenir compte dans leur façon de considérer les générations actuelles et surtout leur façon de leur donner leur juste place.
Derrière chaque vie sauvée, il y a des hommes courageux, dévoués, — Protection civile, Forces Armées Royales, Gendarmerie royale, Sûreté nationale, qui prennent des risques et qui ont su ici éviter un drame humain…
L‘humanité déployée dans ces circonstances par eux et par notre population ont été un réel réconfort.
Aujourd’hui il nous revient de rendre hommage à ces sauveteurs, de les saluer et de leur exprimer le respect et l’affection qu’ils méritent.
Ils sont les porte-drapeaux de notre esprit commun de nos valeurs et de notre force.
En ces temps où l’individualisme, la haine de l’Autre et la violence nous submergent, les eaux déchaînées nous ont montré quant à elles que notre héritage civilisationel était pérenne et que les digues nous protégeant étaient solides !

 

Leave a Reply

Deine E-Mail-Adresse wird nicht veröffentlicht. Erforderliche Felder sind mit * markiert