L’Algérie, plus «partie prenante» que jamais !

Tournant majeur
Alger reconnaît par la force des choses que son plan d’amputer le Maroc d’une partie de son territoire a définitivement échoué après cinq décennies de dépenses militaires et d’investissements diplomatiques.

Avec la rencontre de Madrid où toutes les parties prenantes de l’affaire du Sahara marocain se sont retrouvées autour d’une table se termine un grand cycle de mensonge et de dénégation de la part du régime algérien. En effet c’est en tant que partie prenante que le régime algérien a pris part à ces rencontres en face du Maroc, du Polisario et de la Mauritanie.
C’est un tournant majeur et décisif dans l’histoire de ce conflit régional que le régime algérien accepte de regarder en face et d’assumer pleinement ses responsabilités. Pendant des décennies, la seule posture d’Alger était de fuir ses responsabilités et de continuer à manipuler les séparatistes du Polisario pour faire durer cette crise et assouvir ainsi un agenda et des intérêts domestiques. Le maintien de cette discorde justifiait tous les excès politiques et budgétaires au sein d’un système de gouvernement algérien dénué de légitimité et lourdement contesté de l’intérieur.

L’Histoire retiendra que le régime algérien est venu contraint et forcé à ces tables de négociations dont le premier round s’est tenu à Madrid. Contraint par les résolutions des Nations Unies, bastion de la légalité internationale, qui ont validé le Plan d’autonomie proposé par le Maroc. Forcé par une irrésistible pression américaine qui perçoit dans le comportement et les choix algériens une menace pour la stabilité régionale.

Pendant des décennies, le régime algérien a abrité, financé, parrainé les séparatistes du Polisario au point qu’ils sont devenus aux yeux du monde son bras armé dans la région. Et pourtant sur le plan de l’expression diplomatique, Alger lève l’étendard de la neutralité et de la distanciation dans ce conflit. L’écart entre la réalité du terrain et ce qui est déclamé par Alger est devenu tel que le seul constat à faire est que le régime algérien s’est volontairement enfermé dans une logique de dénégation qui l’éloigne, voire l’isole de la dynamique internationale en cours.
Il a fallu les pressions internationales venues de l’administration américaine et de la récente position de l’Union européenne qui pour la première fois a collectivement apporté son soutien au Plan d’ l’autonomie pour qu’Alger se rende compte que persister dans le mensonge pourrait s’avérer coûteux politiquement et extrêmement dangereux sur le plan diplomatique.

En rejoignant la table de négociation de Madrid et qui sera prolongé en mai aux USA dont le seul agenda est de discuter comment appliquer le Plan d’autonomie sous souveraineté marocaine, Alger reconnaît par la force des choses que son plan d’amputer le Maroc d’une partie de son territoire a définitivement échoué après cinq décennies de dépenses militaires et d’investissements diplomatiques. Il est certain que le régime algérien se livrera à toutes les contorsions pour tenter de gagner du temps et priver cette dynamique internationale de sa vitesse de croisière. Mais il est tout aussi certain que ce comportement algérien sera scruté par la communauté internationale qui a hâte de sécuriser cette région en mettant fin aux ressorts de la crise qui menace sa stabilité.
Une fois cette nouvelle dynamique lancée depuis le round de Madrid et dont on devine qu’il y aura de nombreuses rencontres similaires, le régime algérien devra expliquer à son opinion pour quelles raisons il s’est accroché à cette obsession séparatiste au risque de faire perdre du temps et d’inestimables ressources à une région paralysée par ce conflit. La seule bonne nouvelle pour le régime algérien est que la question séparatiste du Polisario ne dispose d’aucune popularité ou adhésion de la part des Algériens. Cette affaire du Polisario est simplement un dossier et un instrument de l’armée algérienne pour tenter d’affaiblir le voisin marocain.

Ce qui veut dire qu’après sa clôture par la mise en application du Plan d’autonomie, il ne risque pas d’y avoir des manifestations de rue pour défendre la mésaventure séparatiste. Le dossier sera clos dans une indifférence algérienne généralisée. Les vrais défis se poseront à l’armée algérienne lorsqu’il s’agira de désarmer les quelques milices du Polisario qui refuseraient cette volonté internationale. Le Polisario armé deviendra par la force des choses un souci sécuritaire algérien dont il est urgent de trouver une solution sous peine d’avoir à gérer des confrontations internes entre ceux qui veulent mettre fin à cette gabegie politique et militaire et ceux qui veulent continuer à nourrir les fantasmes de l’institution militaire algérienne.

 

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