Drame
Un simple différend autour de la cueillette du thym s’est transformé en drame dans un douar de la région de Taza, conduisant un homme devant la justice pour un crime irréversible.
Dernièrement, au mois de mars 2026, un père de famille, quadragénaire, s’est tenu au box des accusés dans la salle d’audience de la chambre criminelle près la Cour d’appel de Taza. Neuf mois plus tard, face aux trois juges, il revient sur l’irréparable qu’il a commis bousillant sa vie et celle du douar Bouchair, niché au cœur de la commune rurale de Tazarin, dans la région de Tahla qui relève de la province de Taza.
Ce petit coin rural qui vit au rythme simple des travaux agricoles allait rapidement basculer dans la tragédie, le matin du lundi 23 juin 2025.
Vers onze heures, une tension sourde, née d’un différend ancien, a refait surface. Deux hommes, voisins et habitués des mêmes terres, se sont retrouvés face à face. Au départ, il ne s’agissait que d’un désaccord autour de la cueillette du thym, une plante sauvage abondante dans la région. Un sujet banal en apparence, presque insignifiant pour qui observe de l’extérieur. Mais sur ces terres où chaque ressource compte, la moindre dispute peut raviver des rancœurs profondes.
Les mots échangés sont devenus plus durs et les voix se sont élevées. Peu à peu, la colère a pris le dessus, effaçant toute retenue. L’un des deux pères de famille, dans la quarantaine, a laissé éclater une rage contenue. Dans un geste aussi soudain que violent, il a saisi une faucille, outil ordinaire du quotidien agricole, qui allait en quelques instants devenir une arme fatale. Face à lui, son antagoniste, un homme d’une cinquantaine d’années, n’a guère eu le temps de réagir. Les coups portés étaient rapides, précis, et d’une brutalité extrême. Atteint à l’arrière de l’épaule gauche, il s’est effondré, victime d’une blessure grave qui a provoqué une hémorragie. En quelques instants, la vie s’est échappée, laissant place à un silence lourd et irréel.
Lorsque les habitants ont appris ce qui venait de se produire, la stupeur s’est mêlée à la panique. Le douar, d’ordinaire si tranquille, a été envahi par l’agitation. Certains ont accouru, d’autres sont restés figés, incapables de croire à la violence de la scène.
Alertés, les éléments de la gendarmerie royale n’ont pas tardé à intervenir, procédant à l’arrestation du suspect et à la saisie de l’outil ayant servi lors de l’agression. Le cadavre de la victime a été ensuite évacué à la morgue de l’hôpital provincial Ibn Baja de Taza, où une autopsie a été effectuée et a précisé les causes exactes du décès, à savoir une hémorragie à la suite de coups de faucille. Une enquête a été ouverte, les témoignages ont été recueillis, les circonstances du crime ont été examinées avec minutie. Peu à peu, les contours de cette tragédie se sont dessinés, révélant combien un conflit en apparence anodin peut devenir une tragédie de tout d’un douar.
Lors du procès, en première instance, qui a examiné l’affaire il y a quelques mois, les faits ont été revisités dans toute leur gravité pour que la Cour condamne le mis en cause à trente ans de réclusion criminelle. Une sentence confirmée, il y a quelques jours du mois de mars 2026, en appel par la chambre criminelle près la Cour d’appel de Taza.


