C’est Meloni que l’Union européenne a choisie pour négocier avec Donald Trump les droits de douane. C’est une sacrée reconnaissance de son pragmatisme : Giorgia Meloni est devenue le chef d’État le plus représentatif de l’Europe.

Savoir saisir les opportunités
Depuis son investiture, Meloni a battu le record des voyages à l’étranger. Elle a, selon Alain Juillet, expert français en intelligence économique, une terrible intelligence situationnelle. Après l’explosion du «Nordstream 2», Meloni a été la première à se retourner vers l’Algérie. Elle a pu obtenir, à un prix sacrifié, 3 milliards de mètres cubes de gaz.
En Libye, Meloni entretient des relations avec les deux factions. ENI, multinationale italienne, exploite les gisements de pétrole et de gaz au large de Bengazi en cyrénaïque, sous autorité du Khalifa Haftar, maréchal et chef de l’armée nationale libyenne depuis 2015.
En même temps, 300 militaires italiens assurent la protection du gouvernement de l’Union nationale.
Un leader sait se positionner pour capter les opportunités.

Un leader sait réseauter
Meloni voyage beaucoup. Elle rappelle la diplomatie des marchands de Venise. Généralement, les pays européens renforcent leur présence dans leurs anciennes colonies. C’est ce qu’elle a fait, au début. Elle a conclu des partenariats avec les pays «anciennement italophones». Par la suite, elle a commencé à renforcer la présence italienne loin de ses bases «légitimes» ; comme en Amérique latine, chasse gardée des Espagnols et des Portugais. En Afrique francophone, elle a taillé des croupières à la France. En Asie centrale, elle s’est rapprochée de l’Iran et de la Turquie.
Un leader sait développer son réseau.

Reconfigurer la donne
Sous impulsion de Joe Biden, l’UE, dont l’Italie, avait mis en stand-by leur partenariat avec la Chine. Mais, quelque temps plus tard, Meloni est partie en Chine pour négocier un autre deal. Elle a réussi à repositionner l’Italie dans l’initiative «belt world initiative».
Un leader sait transformer les obstacles en tremplin.

Savoir négocier
Meloni est passée maître des deals. Elle n’impose pas. Elle négocie. Elle va, toujours, avec une solution à proposer à son partenaire. Elle ne négocie pas à la hussarde. Elle le fait tout en finesse.
Sa plasticité dans les négociations a été à l’origine de la réussite de sa politique migratoire. Elle a fait un deal avec les principaux pays exportateurs de migrants (Albanie et Tunisie). Elle a accepté de régulariser un grand nombre de leurs ressortissants et de financer des projets. En contrepartie, ces pays doivent bloquer les flux migratoires et accueillir les refoulés. Entre 2023 et 2024, ces flux ont baissé de 60%.
Un leader sait négocier gagnant-gagnant.

Avoir des convictions
Pour Meloni, la stabilité de l’Afrique est déterminante pour la sécurité du Nord. Elle ne mâche pas ses mots pour interpeller les dirigeants des autres États européens.
Le fonds de 5,5 milliards d’euros qu’elle a alloué à l’Afrique servira à renforcer la présence italienne et à développer le continent.
Un leader sait tenir ses promesses.

Leader de fait
C’est Meloni que l’Union européenne a choisie pour négocier avec Donald Trump les droits de douane. C’est une sacrée reconnaissance de son pragmatisme : Giorgia Meloni est devenue le chef d’État le plus représentatif de l’Europe.
Les Italiens sont maîtres de l’art du deal. C’est la raison pour laquelle, dit-on, Donald Trump aime négocier avec elle. Elle est la tête émergée, selon Emmanuel Dupuy, président de Institute Prospective & Sécurité en Europe, IPSE, du système italien qui privilégie la géoéconomie à la géopolitique.

Les patriotes sont aux anges
Aujourd’hui, les Italiens voient leurs entreprises jouer en «première division», comme Leonardo, troisième entreprise européenne d’armement derrière les Britanniques et Français, mais devant les Allemands. ENI est, aujourd’hui, l’un des plus grands exploitants européens de pétrole en Afrique.
«Je crois que la fierté de l’Italie est revenue», a déclaré Adolfo Urso, ministre de l’entreprise et du Made in Italy. Pendant très longtemps, l’Italie était cantonnée «dans les seconds rôles». Aujourd’hui, elle est devenue une puissance qui aspire au leadership d’un continent.
Le couple franco-allemand est indispensable à la solidité du projet européen. Des analystes disent que la montée de l’Italie pourrait le renforcer. Le salut de l’UE serait la triangulation stratégique «France / Allemagne / Italie».

 

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