De nombreux journalistes disposent de talents multiples et d’un potentiel créatif notable
Célébration: Cette rencontre – qui s’inscrivait dans le cadre de coopération du programme de coopération entre la Maison de la poésie de Tétouan et celle de la presse de Tanger – a été animée par le poète et universitaire Abdelwahab Rami, ainsi que les poètes et journalistes Leila Bareh et Abdelali Demian.
La Maison de la presse de Tanger a abrité, vendredi 13 mars, une soirée poétique sous le slogan «Journalistes-poètes». Elle a été animée par le poète et universitaire Abdelwahab Rami, ainsi que les poètes et journalistes Leila Bareh et Abdelali Demian. Initiée par la Maison de la poésie de Tétouan en partenariat avec la Maison de la presse de Tanger, cette soirée s’est déroulée dans une ambiance ramadanesque conviviale, rehaussée par les chants de hadra soufie du groupe dirigé par l’artiste Kamar Ahlal. Les organisateurs ont voulu à travers cet événement rendre hommage aux journalistes marocains, tout en mettant en lumière leurs expériences dans la poésie et la littérature.
Le chercheur universitaire Abdelwahab Rami est considéré comme l’un des principaux universitaires marocains et arabes spécialisés dans le champ médiatique. Parallèlement à ses travaux académiques, il s’impose comme un poète marocain de renom, ayant conféré à sa poésie une identité marocaine andalouse, tant sur le plan de la construction linguistique et rythmique que dans la vision poétique qu’il porte sur soi et sur la vie.
Pour sa part, la poétesse Leila Bareh incarne une voix littéraire remarquable sur la scène créative marocaine, en plus de sa présence médiatique notable dans le paysage de la presse nationale depuis plusieurs années. Quant au chercheur et journaliste marocain Abdelali Demiani, il figure parmi les figures poétiques ayant insufflé une nouvelle énergie à la poésie marocaine et lui ayant ouvert de nouveaux horizons d’expérimentation et de renouvellement.

Par ailleurs, cette soirée poétique faisait partie d’une série de rencontres, s’inscrivant dans le cadre du programme de coopération entre la Maison de la poésie de Tétouan et celle de la presse de Tanger, lancé il y a plusieurs années.
Intervenant à cette occasion, le directeur de la Maison de la poésie de Tétouan, Mokhliss Sghir, a indiqué que les participants à cette rencontre perpétuent la tradition instaurée par les pionniers du journalisme marocain, en conciliant écriture journalistique et littéraire et en associant pratique médiatique et création artistique. Malgré leur activité dans le domaine médiatique, qui requiert souvent un langage factuel et sobre, la poésie demeure au cœur de leurs préoccupations quotidiennes, évoluant dans un espace onirique éloigné du rythme intense de l’actualité et des contraintes du travail journalistique, a-t-il ajouté.
De son côté Abdelwahab Rami a souligné que cette rencontre illustre la convergence entre écriture journalistique et écriture poétique, deux univers longtemps reliés par des passerelles, notamment à travers l’intérêt porté par les journalistes à la poésie dans les suppléments culturels, mais qui se rejoignent ici dans une même identité où cohabitent le poète et le professionnel des médias.
Il a, à cet égard, souligné que de nombreux journalistes disposent de talents multiples et d’un potentiel créatif notable, ajoutant que cette initiative offre l’occasion de mettre en lumière la richesse créative, psychologique et émotionnelle qui nourrit leurs expériences.
Pour sa part, le président de la Maison de la presse, Said Koubrit, a indiqué que cette rencontre ramadanesque a permis, comme ce fut le cas au cours des dix dernières années, de présenter la vision de la Maison de la presse concernant la pratique professionnelle et certaines de ses difficultés, tout en proposant des alternatives possibles. Il a souligné que le déroulement récent de la Coupe d’Afrique des Nations a mis en évidence l’importance de la défense, sur les plans médiatique et numérique, du récit national dans toutes les questions liées à l’identité marocaine, faisant savoir que selon des rapports internationaux, près de deux millions de tweets ont été publiés au sujet de la CAN, dont la majorité allait à l’encontre des réalisations organisationnelles remarquables du Maroc.
Face à ce type de campagnes, a-t-il estimé, il devient nécessaire de formuler «notre propre vision et de la défendre, ce qui passe inévitablement par la formation».



