Total contraste
Cette compétition a été portée à son comble sur les tentatives d’appropriation algérienne du caftan marocain. Sans succès puisque l’Unesco a définitivement validé la démarche marocaine.
Entre l’Algérie et le Maroc, il est souvent question dans la presse surtout de compétition militaire. L’Algérie, cherchant une entrée sur l’Atlantique à travers la création et le soutien d’une république fantoche. Le Maroc, cherchant par tous les moyens à recouvrer son unité territoriale et à asseoir sa souveraineté. Mais peu d’analyses ont traité de l’autre guerre que se livrent les deux pays sur la scène internationale, celle du soft power, qu’on pourrait traduire en français par un mélange de succès d’estime, d’images positives et de capacité d’influence.
Récemment cette compétition a été portée à son comble sur les tentatives d’appropriation algérienne du caftan marocain. Sans succès puisque l’Unesco a définitivement validé la démarche marocaine.
Dans cette guerre, le Maroc est gagnant sur toute la ligne. A commencer par le grand combat international sur les droits de l’Homme régulièrement évoqué devant les instances des Nations Unies.
L’Algérie apparaît à travers une image hideuse, de violations systématiques des droits de l’Homme, de responsables politiques qui mentent comme ils respirent, qui manipule le terrorisme à des fins politiques. Tandis que le Maroc, complimenté par beaucoup de pays et d’organisations, est apparu sur une dynamique positive qui construit, une expérience et des acquis irréversibles. Cerise sur le gâteau, en pleines félicitations internationales sur les droits de l’Homme, est venue s’ajouter une autre acclamation du Maroc sur son rôle écologique positif et ses investissements dans les énergies propres. Droits de l’Homme et écologie, le Maroc écrase le match.
Les images des deux pays sont en total contraste. Des ombres chinoises qui indiquent deux réalités différentes. Tandis que le Maroc, à travers ses démarches, s’impose comme une puissance de paix, de tolérance, de retenue, de modération et de constructions positives, celle de l’Algérie incarne la prééminence de la violence, de la déstabilisation et le chaos.
Aussi bien sur le tourisme que sur l’économie, les deux pays, mènent une avancée parallèle. Tandis que l’Algérie montre au quotidien une allergie au touriste étranger, accentuant le sentiment d’enfermement et de repli sur soi, le Maroc, pays d’ouverture et de tolérance, accueille le monde entier par millions. L’Algérie, terre de l’inconnu et de la mésaventure. Le Maroc, terre d’accueil et de l’ouverture.
Et tandis que le tissu économique algérien fait fuir les investissements les plus militants, celui du Maroc conçoit, attrape, intègre et digère les contrats internationaux les plus juteux et les plus structurants.
Les grandes entreprises internationales perçoivent l’Algérie comme un désert économique aux multiples complications aux mains d’une mafia économico-militaire sans autres ambitions que celles « des stratégies de la rétro-commission». Tandis qu’elles perçoivent le Maroc comme un pays où elles peuvent investir en toute sérénité et faire des bénéfices avec un Etat fort et crédible et des acteurs économiques responsables.
Sur le plan des institutions politiques, il n’y a pas photo entre les deux expériences. D’un côté une monarchie séculaire avec des élections régulières et des alternances politiques et une liberté d’expression dont la marge s’élargit au fil du temps. De l’autre, un régime militaire, sans passé ni mémoire, qui tente de se régénérer sous de multiples visages civils et dont le cœur du réacteur est composé d’un autoritarisme militaire d’un autre âge. Un mouroir pour la presse dite indépendante qui voit ses titres, les uns après les autres, mettre la clef sous la porte pour cause de pressions de toutes sortes et de négation de toutes les libertés.
Sur le plan de la guerre contre le terrorisme, le Maroc est clairement identifié par la communauté internationale comme un acteur majeur et actif dans cette lutte contre les organisations terroristes.
Alors que le régime algérien est régulièrement pointé par les capitales occidentales pour son jeu trouble et ses liaisons dangereuses avec les milices terroristes armées, notamment au Sahel et dans la région du Sahara.
L’expérience politique algérienne est restée gelée sur le modèle des républiques militarisées des années soixante / soixante-dix. Parce qu’elle vit isolée, recroquevillée, incapable d’établir une relation intelligente avec son environnement international, le temps n’a eu aucun effet positif sur son évolution. Même si le Hirak, une rébellion civile pour les droits fondamentaux des Algériens avait tenté de faire bouger les lignes, la seule réponse fut la répression.
Au Maroc, il est possible de manifester pacifiquement pour exprimer une opinion et des idées politiques. En Algérie, il est strictement interdit de manifester. Toute sortie des Algériens dans la rue est perçue par le régime militaire d’Alger comme une menace vitale pour son existence.
Ironie de l’histoire, alors que le régime algérien voulait vendre une image à l’international comme étant un champion de la défense de la question palestinienne, il interdit toute manifestation populaire des Algériens de soutien aux Palestiniens. Une flagrante schizophrénie.



