Hommage
Le Festival international du film de Marrakech (FIFM) a rendu hommage mardi soir à l’actrice Raouya, figure incontournable du cinéma marocain. Cet hommage n’était pas seulement une occasion de célébration, mais une opportunité de saluer une carrière s’étendant sur plus de quatre décennies.
Après avoir honoré Hussein Fahmi et Jodie Foster, le Festival international du film de Marrakech (FIFM) a rendu, mardi soir au Palais des Congrès, un fervent hommage à l’une des grandes figures du cinéma marocain : Fatima Hernadi, connue du grand public sous le nom de Raouya. La cérémonie s’est ouverte par un moment de recueillement à la mémoire des artistes marocains disparus au cours de l’année et qui ont marqué l’histoire du cinéma national, à l’instar de Ali Hassan, Mohamed El Khalfi, Abdelkader Moutaa, Mohamed Choubi, Mustapha Zaâri, Naima Bouhmala, Mounim Kebab, Amina Barakat et Mohamed Razine. Cette soirée spéciale a ensuite proposé une rétrospective des rôles emblématiques de Raouya, à travers des extraits de films tels que «Les Yeux secs» de Narjiss Nejjar, «Sofia» de Meryem BenM’Barek, «Rock the Casbah» de Laïla Marrakchi ou encore «Casanegra» de Nour-Eddine Lakhmari. Une sélection qui retraçait le parcours d’une actrice talentueuse, reconnue pour sa capacité à incarner des personnages complexes avec une intensité rare.
Symbole du cinéma marocain
Sous les acclamations du public, l’actrice a reçu l’Étoile d’Or des mains du réalisateur Nour-Eddine Lakhmari qui a livré un témoignage fort chargé d’émotion à son égard. Il a salué «une actrice qui ne joue pas, mais transcende les mots et vit ses personnages jusqu’à en faire des figures inoubliables». Il l’a considérée comme «une amie sincère», «une femme courageuse» et «un symbole du cinéma marocain». Lakhmari a rappelé que Raouya avait su «conférer ses lettres de noblesse au cinéma populaire, tout en participant à des productions nationales et internationales».
Sur scène, Raouya, face au public, s’est adressée à lui avec une sincérité et une émotion palpables. «J’exprime toute ma gratitude et mon respect à toutes les personnes présentes pour célébrer avec moi cet hommage».
Et d’ajouter : «C’est un honneur pour moi d’exprimer mes sincères remerciements et ma profonde gratitude au protecteur de la nation, Sa Majesté le Roi Mohammed VI, et mes plus sincères remerciements à Son Altesse Royale le Prince Moulay Rachid, avec mes remerciements particuliers aux héros méconnus qui assurent la continuité de ce festival». Raouiya, a souligné qu’elle «dédiait cet honneur au public marocain, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays», ajoutant qu’il «y a neuf ans, elle se trouvait sur cette même scène en tant que membre du jury aux côtés de stars internationales du cinéma, et qu’elle y revient aujourd’hui grâce aux réalisateurs qui ont placé leur confiance en elle pour incarner leurs visions sur grand et petit écran, et qu’elle leur est donc reconnaissante». L’actrice a conclu son discours en disant : «Un merci tout particulier à tous les réalisateurs et réalisatrices avec lesquels j’ai collaboré pendant plus de trente ans. Nous avons partagé des moments merveilleux qui resteront gravés dans nos mémoires, et c’est grâce à vous tous que je suis honorée aujourd’hui».
Un parcours de plus de quatre décennies
Née à Azemmour, Fatima Harandi a vécu toute son enfance dans sa ville natale avant de partir poursuivre ses études au lycée Chawki à Casablanca. Ayant découvert sa grande passion pour l’art dramatique, la jeune Fatima parvient au début des années 70 à intégrer une troupe d’ amateurs. Elle y fait preuve d’une grande dynamique et beaucoup de talent. Elle réussit ainsi à remporter, au sein de cette troupe, le Prix du meilleur rôle féminin au festival d’amateurs. Après avoir suivi un stage de formation théâtrale organisé à cette époque par le ministère de la jeunesse et des sports, Fatima Harandi intègre la troupe «Le Petit masque», avant de rejoindre peu de temps après la troupe Maâmoura. Elle découvre, plus précisément à la mi-décennie 90, le cinéma grâce au réalisateur marocain Mohamed El Abbazi, qui lui propose de jouer dans son film «Les trésors de l’Atlas».
Elle multiplie depuis les rôles dans plusieurs films dont «Histoire d’une rose» de Mjid Rchiche, «Les lèvres du silence» et «Le pote» de Hassan Benjelloun, «Mouna Saber» de Abdelhay Laaraki, «Soif» de Saâd Chraïbi, «Mémoire en détention» de Jillali Ferhati et «Casa-Negra» de Nour Eddine Lakhmari. En 2004, Fatima Harandi est distinguée lors du Festival national du film par le Prix de meilleure interprétation féminine. Cette distinction lui a été attribuée grâce à son rôle dans le film «Les yeux secs» de Narjis Nejjar. En plus des productions cinématographiques marocaines, Fatima Harandi interprète de beaux rôles dans des films étrangers dont «And now ladies and gentlemen» de Claude Lelouch, «Djinns» de Hugues Martin, ainsi que «Les moines» et «Des hommes et des dieux» de Xavier Beauvois.




