Entretien avec Walid Oueslati, chef de division climat à l’OCDE

Walid Oueslati nous parle du rôle de la diplomatie climatique débattu lors de la session thématique autour de la transition énergétique programmée dans le cadre du dix-septième forum MEDays, qui vient de prendre fin ainsi que de l’expérience marocaine en matière des énergies renouvelables.

ALM : Comment s’est développé, suite à l’adoption de l’Accord de Paris, le rôle de la diplomatie climatique ?

Walid Oueslati : Avec l’adoption en 2015 de l’Accord de Paris, les pays membres s’engagent à se mobiliser pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, d’où l’importance de la diplomatie climatique. Cela veut dire qu’ils doivent coordonner ensemble pour concrétiser l’accord conclu. Une coordination avec toutes les parties permet d’aboutir à des solutions face au changement climatique.

Est-ce que la diplomatie climatique dépend des politiques de tel ou tel pays?

Certes, s’il y a un changement de gouvernement, les priorités changent. Comme nous l’avons vu aux Etats-Unis et dans d’autres pays à travers le monde. A titre d’exemple, les pays qui ont le plus de poids peuvent faire aboutir les négociations ou préfèrent parfois s’en retirer. Mais la tendance est d’une manière générale vers une coopération internationale efficace. Des indicateurs montrent dans ce sens qu’on évolue progressivement mais sûrement.

Qu’en est-il des pays africains ?

Aujourd’hui, les pays africains s’intéressent beaucoup plus à s’adapter au changement climatique. Parce que leurs émissions de gaz à effet de serre ne représentent que 4% au niveau mondial. L’Afrique va subir de plein fouet les effets du changement climatique et cela commence déjà à se faire ressentir. Il en découle la nécessité d’investir dans l’adaptation au changement, de mettre en œuvre de nouvelles technologies, notamment pour la production agricole et une meilleure économie d’eau, et de trouver des alternatives dans la production des énergies renouvelables. Je suis très optimiste quant à l’évolution de l’Afrique dans ce domaine. Chaque fois que je visite un pays africain, je constate un grand engagement que ce soit de la part du gouvernement ou de la société civile contre le changement climatique. Mais il faut que cette volonté se traduise par une mise en œuvre accélérée des politiques plus ambitieuses pour y faire face.

Pourriez-vous nous donner des exemples en la matière en Afrique ?

Je cite le Maroc qui est un exemple réussi pour ses avancées en matière de production des énergies renouvelables. Sur la question de l’eau, il se distingue par des projets ambitieux, dont la création d’une société d’innovation, du savoir de technologie pour renforcer son positionnement dans le domaine. Le Maroc, grâce à sa génération jeune et innovante, avance et est donné en exemple en Afrique. Il est suivi par d’autres pays africains à travers leurs initiatives dans la transition énergétique. J’évoque l’exemple de l’Egypte qui a mis en œuvre le programme Nexus Eau, alimentation et énergie (NWFE) visant à favoriser sa transition vers une gestion durable de l’eau. Au niveau mondial, la Norvège est un exemple réussi en matière de transition énergétique, et ce avec une production d’électricité à partir des énergies renouvelables de 90%. Je cite de même la Nouvelle-Zélande avec une capacité allant de 80 à 90%. D’ailleurs, plus on décarbone son économie, plus on gagne dans les années à venir en termes d’avantages et de développement.

 

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