Lorsque l’on parle de la régionalisation avancée, en ce qui concerne les TPME, cela dépasse la seule dimension institutionnelle pour devenir un projet économique, social et territorial.
La régionalisation avancée représente l’une des transformations les plus profondes du Maroc contemporain. Les régions ne sont plus des entités administratives : elles deviennent des espaces de planification stratégique, responsables de leur trajectoire de développement, de l’identification de leurs vocations et de l’animation de leurs écosystèmes productifs. Dans cette nouvelle architecture, les TPME jouent un rôle central, car ce sont elles qui constituent l’armature économique de proximité, capables de créer de la valeur et de l’emploi dans les territoires les plus reculés.
Le choix d’une ville comme Errachidia pour lancer le dispositif national en faveur des TPME illustre cette logique. Dans une région qui a longtemps souffert d’enclavement, de faibles maillages productifs et d’un déficit d’investissements privés, l’annonce d’un mécanisme de soutien à l’investissement représente un acte fondateur. Il ne s’agit pas seulement d’une aide financière, mais d’une reconnaissance que ces territoires représentent des gisements de croissance sous-exploités. La prime territoriale intégrée dans le dispositif offre un avantage comparatif aux investisseurs qui choisissent de s’implanter dans des provinces éloignées des grands centres. Cela permet de rééquilibrer progressivement la carte économique, en encourageant les entreprises à explorer des zones où les potentialités agricoles, touristiques, énergétiques ou industrielles sont encore largement inexploitées.
Pour une cohérence socio-économique
Les CRI occupent un rôle stratégique dans cette nouvelle dynamique. Ils ne sont plus de simples guichets administratifs mais de véritables moteurs d’animation territoriale, chargés d’accompagner les entreprises, de structurer les écosystèmes régionaux, de faciliter les démarches et de rapprocher les investisseurs des opportunités locales. Les caravanes d’information qui se déplacent de province en province témoignent de cette volonté de proximité. Dans les régions émergentes, comme Souss-Massa, l’Oriental, Béni Mellal-Khénifra ou Dakhla-Oued Eddahab, les TPME peuvent désormais trouver un terrain d’expansion.
La régionalisation avancée devient ainsi le laboratoire où s’inventera la nouvelle croissance marocaine. En soutenant les TPME dans leurs investissements territoriaux, l’État encourage non seulement la création d’emplois, mais aussi l’apparition de chaînes de valeur régionales, capables de relayer la croissance nationale et d’apporter une cohérence socio-économique aux régions.



