Proxénétisme
A El Jadida, un réseau de prostitution numérique a été démantelé, récemment, par la brigades cybercriminalité relevant de la police judiciaire de la ville. Ses membres ont été traduits devant la chambre correctionnelle près le tribunal de première instance de la capitale doukkalie.

Dans un appartement discret du quartier Al Matar, à El Jadida, une activité clandestine prospérait à l’abri des regards. Derrière une porte ordinaire, un réseau avait transformé ce logement en véritable lieu de débauche, utilisant Internet comme vitrine et moyen de recrutement. Les annonces publiées sur un site web promettaient des rencontres tarifées, accompagnées de photos et de numéros de téléphone destinés à attirer les curieux et les chercheurs du plaisir. À la tête de ce réseau se trouvait une femme, quadragénaire, divorcée, qui louait cet appartement depuis cinq ans de chez une femme qui demeure à Marrakech. Trois jeunes femmes, prostituées, étaient sous son service. Ensemble, ils ont mis en place une organisation bien rodée : accueil des clients, mise à disposition des lieux, et coordination des rendez-vous. Mais dans l’ombre, les éléments de la brigade spécialisée dans la lutte contre la cybercriminalité suivaient leurs traces. Alertés par des annonces suspectes publiées en ligne, les enquêteurs ont mené des investigations techniques qui les ont conduits jusqu’à l’adresse de l’appartement et à l’identité de la principale suspecte.

Convaincue que leurs activités restaient invisibles tant qu’elles se limitaient à l’espace virtuel, la maîtresse des lieux ne se doutait pas que la police s’apprêtait à intervenir. Le jour de l’opération, l’appartement a été encerclé. À l’intérieur, il y avait la proxénète, les trois jeunes femmes et deux clients dont un enseignant dans un lycée de la ville et un père de famille. Des objets liés à l’activité illicite, notamment des préservatifs et divers accessoires, ont été saisis. La propriétaire de l’appartement a également été convoquée. Tous ont été conduits devant le procureur du Roi près le tribunal de première instance d’El Jadida pour répondre aux accusations de proxénétisme, d’aménagement d’un lieu de débauche, de prostitution et d’adultère.

Après quoi, ils ont été déférés devant la chambre correctionnelle. Après leurs interrogatoires, le réquisitoire du substitut du procureur du Roi et les plaidoiries des avocats de la défense, le tribunal a rendu son verdict : la proxénète a été condamnée à une année de prison ferme, tandis que les trois jeunes femmes ont écopé chacune de quatre mois de prison ferme. L’enseignant a été condamné à quatre mois avec sursis. Quant au père de famille, il a été acquitté après le désistement de son épouse, et la propriétaire de l’appartement n’a pas été sanctionnée, la justice ayant établi qu’elle louait le logement sans avoir la moindre idée sur ce qui s’y passait, ni sur l’activité de la femme locataire.

 

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