
L’étude sera réalisée en dix mois et devra s’appuyer sur une démarche participative associant les administrations concernées, les collectivités territoriales, les acteurs socio-économiques et les experts.
Gestion durable : À travers ce futur schéma régional du littoral, Casablanca-Settat se dotera d’un véritable outil de planification territoriale capable d’encadrer le développement du littoral tout en garantissant la préservation durable de ses ressources naturelles et de ses écosystèmes.
Après l’adoption du Plan national du littoral, le ministère de la transition énergétique et du développement durable poursuit le déploiement des schémas régionaux afin de décliner les orientations nationales au niveau territorial tout en tenant compte des spécificités de chaque région littorale. La région Casablanca-Settat figure parmi les quatre périmètres concernés par ce processus au titre de l’exercice 2026. A cet égard, la direction régionale de l’environnement de Casablanca-Settat, relevant du ministère de la transition énergétique et du développement durable, lance actuellement un appel d’offres pour l’élaboration du Schéma régional du littoral (SRL), un document stratégique appelé à encadrer durablement l’aménagement, la protection et la valorisation du littoral régional. Ce projet s’inscrit dans la continuité de la mise en œuvre de la loi n°81-12 relative au littoral et du décret n° 2-15-769 fixant les modalités d’élaboration des schémas régionaux.
Il intervient dans un contexte où le littoral marocain, qui s’étend sur près de 3.500 kilomètres, concentre une part essentielle de l’activité économique nationale. Il accueille plus de la moitié de la population du Royaume et contribue à environ 83 % du produit intérieur brut. Cette concentration des activités industrielles, portuaires, touristiques, halieutiques et urbaines s’accompagne toutefois de pressions croissantes sur les écosystèmes côtiers, auxquelles s’ajoutent les effets du changement climatique, de l’érosion, de la pollution et de la montée du niveau de la mer. Les études menées par le département du développement durable estiment d’ailleurs que la dégradation du littoral représentait un coût de 2,5 milliards de dirhams pour l’année 2014, sachant que le coût global de la dégradation de l’environnement au niveau national s’élevait à 33 milliards de dirhams, soit 3,52% du PIB.
L’étude commandée par le ministère sera réalisée en dix mois et devra s’appuyer sur une démarche participative associant les administrations concernées, les collectivités territoriales, les acteurs socio-économiques et les experts. Elle permettra de traduire, à l’échelle de Casablanca-Settat, les orientations du Plan national du littoral en tenant compte des spécificités territoriales de la région. Le futur schéma régional devra fixer les grandes orientations d’aménagement, de protection et de mise en valeur du littoral, préciser les mesures de préservation des écosystèmes marins et terrestres et définir les vocations des différents espaces côtiers ainsi que les règles de compatibilité entre les usages économiques, environnementaux et sociaux.
Une première mission consacrée au diagnostic du littoral
Constituant le socle de l’ensemble de l’étude, la première mission vise à établir un diagnostic complet de la gestion du littoral de Casablanca-Settat afin de disposer d’un état des lieux aussi exhaustif que possible. Il s’agit, en premier temps, de délimiter le périmètre du futur Schéma régional du littoral en mobilisant les systèmes d’information géographique (SIG). Cette délimitation devra prendre en compte les limites terrestres, les bassins versants, les principaux cours d’eau, les sites remarquables, les zones humides, le domaine public maritime, les bandes réglementaires des 100 et 2.000 mètres, les douze milles marins ainsi que les emprises portuaires. Les communes concernées devront ensuite être intégrées dans ce périmètre, y compris les territoires susceptibles d’exercer une influence sur le littoral. Une délimitation qui pourrait contenir et considérer des sources polluantes lointaines susceptibles de générer des impacts sur le littoral pour une bonne évaluation des risques. Cette première étape prévoit également une vaste campagne de collecte et de traitement des données. Il est ainsi question d’analyser la documentation existante en relation avec la gestion du littoral réalisées sur le littoral, d’examiner les schémas d’aménagement existants, les documents d’urbanisme, les stratégies sectorielles ainsi que les différents plans de développement territoriaux afin d’identifier les forces, les faiblesses, les opportunités et les menaces de la gestion actuelle du littoral.
Le cahier des prescriptions spéciales impose également un important travail de terrain. Des enquêtes devront être réalisées auprès des administrations, des collectivités territoriales et des différents acteurs concernés afin de recenser les activités économiques présentes sur le littoral, qu’elles soient organisées ou informelles. Le consultant devra notamment évaluer les impacts environnementaux des activités industrielles, portuaires, agricoles, halieutiques, touristiques, des infrastructures, de l’extraction de sable, de l’urbanisation ou encore des activités de loisirs sur les écosystèmes côtiers. L’étude devra par ailleurs identifier les zones les plus vulnérables face aux risques naturels et climatiques. L’érosion côtière, les phénomènes de submersion marine, les tsunamis, l’intrusion saline, l’ensablement, la dégradation des cordons dunaires, les risques de pollution marine accidentelle ou encore l’évolution du trait de côte devront faire l’objet d’une évaluation détaillée. Les impacts potentiels de l’élévation du niveau de la mer sur les infrastructures, les plages et les activités socio-économiques devront également être analysés. À l’issue de cette mission, il sera procédé à l’élaboration d’un diagnostic du littoral par typologie des problématiques environnementales et climatiques ainsi que de proposer les mesures correctives et préventives à entreprendre pour les atténuer ou les neutraliser. Un benchmark est à élaborer aussi bien au niveau national, en analysant le Plan national du littoral et les Schémas régionaux du littoral en cours de réalisation qu’international en vue de tirer profit des bonnes pratiques en matière de gestion intégrée du littoral.
Une deuxième mission dédiée à l’élaboration du Schéma régional
Cette phase consiste, en effet, à transformer les résultats du diagnostic en un document stratégique définissant les orientations d’aménagement, les mesures de protection des espaces naturels, les modalités de valorisation du littoral ainsi que les principes d’organisation des différents usages de l’espace côtier. Le schéma devra proposer une vision territoriale permettant de concilier développement économique, préservation des ressources naturelles, résilience face aux changements climatiques et amélioration de la gouvernance du littoral. Il devra également assurer la compatibilité entre les différentes politiques sectorielles et les exigences fixées par la législation nationale relative au littoral.
Une troisième mission axée sur le suivi de la mise en œuvre
Au-delà de l’élaboration du schéma, le marché prévoit une troisième mission consacrée à sa mise en œuvre. Celle-ci consiste à concevoir un dispositif permanent de suivi, d’évaluation et de reporting permettant d’accompagner l’application du Schéma régional du littoral. L’objet étant d’établir un suivi de la performance, des progrès, de la budgétisation, et de l’efficacité d’opérationnalisation des mesures et projets préconisés dans le schéma régional du littoral. Le plan de suivi-évaluation doit couvrir plusieurs éléments dont la proposition d’une batterie d’indicateurs, de proposer un tableau de bord décisionnel de suivi de mise en œuvre dudit schéma, d’évaluer la couverture spatiale et temporelle par les données ainsi que d’évaluer les besoins en ressources humaines et financières pour une gestion intégrée des zones côtières. Au terme de cette mission, il sera procédé à l’élaboration d’un décret comprenant le fondements du Schéma régional du littoral, ses axes et objectifs stratégiques, les mesures pour sa mise en œuvre ainsi qu’une batterie d’indicateurs pour le suivi de la mise en œuvre du schéma.