
Vision, convictions, philosophie, réalisations, projections…des messages forts mais aussi quelques piques lancées contre certains acteurs du champ politique.
Confiance: Bilan des cinq dernières annéeas, réalisations dans la région, investissements et emplois, poursuite des réformes, préparation anticipée des candidats et mobilisation des militants : à Dakhla, Aziz Akhannouch a largement regardé vers la prochaine étape. Celui qui a dirigé le RNI pendant près d’une décennie et l’a conduit à la victoire aux Législatives de 2021 a surtout insisté sur la continuité entre les transformations engagées depuis cinq ans et le programme que les «indépendants» entendent porter pour 2026-2031.
À mesure que l’échéance électorale approche, le discours du Rassemblement national des indépendants se précise. À Dakhla, ce samedi 25 juillet, Aziz Akhannouch n’est pas venu uniquement défendre le bilan des cinq dernières années. Le Chef du gouvernement a largement regardé vers la prochaine étape en insistant sur la poursuite des réformes engagées, leur traduction concrète dans la vie quotidienne des citoyens et la préparation suffisamment en amont des équipes qui porteront le programme 2026-2031.

M. Akhannouch a notamment défendu la décision du RNI de présenter suffisamment tôt ses candidats. Pour lui, «la démocratie ne commence pas uniquement le jour du vote».
Le choix de Dakhla donnait naturellement une dimension particulière à cette nouvelle rencontre de proximité des «indépendants». M. Akhannouch a d’ailleurs commencé par réaffirmer que la question du Sahara marocain «n’est ni une question liée à une étape particulière ni une question conjoncturelle », mais bien « une cause nationale ».
Mais c’est ensuite sur le développement de la région, et surtout sur ses effets pour la population, qu’il a concentré une bonne partie de son intervention.
Dakhla offre, en effet, un terrain particulièrement parlant pour mesurer les transformations intervenues ces dernières années. Les infrastructures, les nouvelles routes, les investissements dans l’agroalimentaire, le tourisme et les énergies renouvelables ou encore les équipements de proximité ont progressivement changé le visage de la région. À cela s’ajoute le futur port Dakhla Atlantique, appelé à changer encore davantage son échelle économique. Dans son intervention, M. Akhannouch a insisté sur cette dynamique tout en évoquant les investissements réalisés dans les réseaux d’eau potable, l’assainissement, les espaces publics et les équipements de proximité.
Faire suivre les infrastructures par le quotidien
Mais le Chef du gouvernement n’a pas esquivé une question beaucoup plus directe : une région peut se transformer rapidement sans que chaque habitant ressente immédiatement cette transformation dans sa vie quotidienne.
«Vous voyez les réalisations et vous êtes en droit de vous demander : qu’est-ce qui change pour nous ? », a-t-il lancé aux participants.
M. Akhannouch a d’ailleurs pris soin de préciser sans complexe qu’il n’était pas venu expliquer que « tout va bien». Des défis et des attentes persistent, notamment en matière d’emploi, d’école, de santé et d’équité territoriale.

Aux militants, M. Akhannouch a demandé du « calme » et de la « sérénité », sans inquiétude ni agitation.
Sur la santé, le Chef du gouvernement est venu avec des chiffres. Sept centres de santé de proximité ont été entièrement réhabilités, notamment à El Argoub, Taouarta et Bir Gandouz. Deux autres sont programmés à Guerguarat et Mheiriz, tandis que deux nouveaux centres sont en cours de construction à Oued Eddahab. Enfin, un nouveau CHU a également été construit et se trouve actuellement en phase d’équipement.
Les ressources humaines ont elles aussi progressé. Le nombre de médecins spécialistes est passé de 53 en 2021 à 72 en 2026. Celui des infirmiers est passé, sur la même période, de 331 à 464.
Des chiffres qui permettent surtout de ramener le bilan gouvernemental à une échelle beaucoup plus palpable. Entre une réforme nationale de la santé et ce qu’elle change dans une région, il y a des centres réhabilités, de nouveaux équipements, des médecins et des infirmiers supplémentaires.
C’est aussi sur ce terrain que le RNI semble vouloir installer progressivement son discours à l’approche des élections : décliner le bilan région par région et montrer ce qui a effectivement changé depuis 2021.
Six projets, plus de 3.700 emplois
À Dakhla, l’investissement constitue l’autre versant de cette démonstration. Selon les chiffres présentés par M. Akhannouch, six grands projets approuvés par la Commission des investissements devraient générer plus de 3.700 emplois directs et indirects dans la région.
Le chiffre prend évidemment une importance particulière dans une région où l’un des enjeux consiste désormais à transformer la dynamique des infrastructures et des investissements en véritables opportunités économiques pour la population.
C’est précisément à cet endroit qu’Akhannouch a établi le lien entre le bilan de l’actuelle législature et la prochaine étape.
Les réformes engagées au cours des dernières années, a-t-il expliqué, seront poursuivies et généralisées dans le cadre du programme du RNI pour 2026-2031. Il cite notamment l’enseignement, la poursuite des investissements dans la réforme de l’école, la généralisation du transport scolaire et des cantines, mais également la poursuite des dynamiques sectorielles destinées à créer davantage d’opportunités d’emploi dans toutes les régions.
Le RNI veut arriver aux prochaines échéances avec trois éléments déjà installés : un bilan à défendre, un programme pour prolonger les réformes et une organisation territoriale prête suffisamment tôt.
Le RNI commence ainsi à construire assez clairement le lien entre les deux séquences : présenter les cinq dernières années non pas comme un cycle qui s’achève, mais comme le socle d’une transformation qu’il entend poursuivre.
M. Akhannouch a rappelé à ce propos la vision portée depuis 2021 et qui visait un Maroc de « l’équité, des opportunités et de la dignité pour tous », adossé à un État social et à une économie suffisamment forte pour rendre ces objectifs possibles sur l’ensemble du territoire.
L’expérience de 2021
L’intervention de Dakhla a ensuite pris une tournure beaucoup plus politique. M. Akhannouch connaît particulièrement bien le terrain électoral. Celui qui a profondément transformé le RNI après en avoir pris la présidence en 2016 l’a conduit cinq ans plus tard à la première place des élections législatives de 2021. Il n’en est aujourd’hui plus le président, mais son expérience et son poids au sein de la formation donnent forcément une portée particulière à ses propos lorsqu’il parle de préparation électorale.
Et son message à Dakhla était assez clair: une élection ne se prépare pas à la dernière minute.
M. Akhannouch a notamment défendu la décision du RNI de présenter suffisamment tôt ses candidats. Pour lui, « la démocratie ne commence pas uniquement le jour du vote ». Donner suffisamment tôt aux citoyens les noms de ceux qui solliciteront leurs suffrages doit leur permettre de disposer des informations nécessaires pour choisir aussi bien un parti que les personnes appelées à les représenter.
Il y voit un signe de «maturité politique» et une culture fondée sur la clarté plutôt que sur « les surprises de dernière minute».
C’est probablement sur ce terrain que le ton est devenu le plus offensif. M. Akhannouch a reproché à certains concurrents d’avoir passé cinq années loin du terrain avant de se mettre, à l’approche des élections, à rechercher des personnalités susceptibles de rejoindre leurs listes et leur rapporter des voix et des sièges.
Et pour faire passer le message, l’ancien président du RNI a choisi une image immédiatement compréhensible: le mercato.
«Nous ne sommes pas dans un mercato», a-t-il lancé, avant de présenter le RNI comme une « pépinière de compétences » disposant de femmes, d’hommes et de jeunes déjà prêts à assumer des responsabilités.
Derrière la formule se trouve un argument politique que les « indépendants » devraient probablement utiliser régulièrement dans les prochaines semaines : celui d’un parti qui estime disposer déjà de ses ressources humaines et de son implantation territoriale, là où d’autres formations chercheraient encore leurs candidats.
Akhannouch a d’ailleurs longuement insisté sur cette conception du parti. Une formation forte, selon lui, ne se réduit ni à sa direction, ni à ses ministres, ni à quelques personnalités connues. Elle repose d’abord sur des dizaines de milliers de militantes et de militants présents quotidiennement sur le terrain.
Ce sont eux, a-t-il expliqué, qui écoutent les citoyens, recueillent leurs priorités et assurent cette présence entre deux échéances électorales. Car une élection, dans sa conception, constitue l’aboutissement « d’un long processus de travail sur le terrain, d’encadrement et d’écoute des citoyens ».
Le RNI déjà en ordre de marche
C’est finalement le principal message politique qui ressort de cette étape de Dakhla.
Le RNI veut arriver aux prochaines échéances avec trois éléments déjà installés : un bilan à défendre, un programme pour prolonger les réformes et une organisation territoriale prête suffisamment tôt.
Le rôle joué par M. Akhannouch dans cette mobilisation n’est évidemment pas anodin. Il n’est plus à la tête du parti, mais reste le Chef du gouvernement issu de sa majorité et celui qui, il n’y a encore pas si longtemps, avait été l’un des principaux artisans de la reconstruction électorale du RNI puis de sa victoire de 2021.
À Dakhla, il a d’ailleurs terminé son intervention avec la confiance de quelqu’un qui connaît bien cette mécanique. Aux militants, il a demandé du « calme » et de la « sérénité », sans inquiétude ni agitation. Avant de leur lancer tel un dernier cri de guerre : « Pas de stress…C’est vous qui gagnerez les élections » !
Dakhla, Laâyoune, Tan-Tan le même jour… la « Colombe » prend de l’altitude

Proximité: La rencontre de Dakhla n’était pas une étape isolée. Dans la foulée, dans les heures qui suivirent la fin du meeting, les dirigeants du RNI ont poursuivi leur tournée dans les provinces du Sud avec d’autres rencontres à Laâyoune et Tan-Tan. Mohamed Chouki, président du parti, Aziz Akhannouch et plusieurs membres du bureau politique ont ainsi enchaîné rencontres avec les militants, responsables locaux et échanges avec les citoyens.
À Tan-Tan, la délégation a même effectué une tournée dans la ville avant la rencontre partisane, dans le cadre de cette démarche de proximité et d’écoute que le RNI entend multiplier sur le terrain.
Dakhla, Laâyoune, Tan-Tan le même jour : à quelques mois des élections, le rythme s’accélère clairement et « la Colombe » semble prendre de l’altitude.