Pour la dixième étape de « la voie des réalisations » (Massar Al Injazate), le RNI fait escale dans la région Draâ-Tafilalet.
A Errachidia, ce samedi 6 décembre, et devant une salle comble, le président Aziz Akhannouch, est venu exposer avec fermeté, les avancées réalisées depuis 2021 et les transformations en cours dans une région à fort potentiel mais longtemps marquée par les disparités. La rencontre, qui a rassemblé élus, responsables locaux et habitants venus de plusieurs provinces, s’est inscrite dans la ligne directe d’une tournée que le patron du RNI présente non pas comme un exercice de communication, mais comme un mode d’action : aller à la rencontre des citoyens, les écouter, leur répondre et rendre compte.
La veille, depuis Madrid où il avait présidé la Réunion de haut niveau Maroc-Espagne, il s’était directement rendu dans les petites localités de Boulaajoul et Erfoud où il a multiplié les échanges avec les acteurs locaux, les jeunes, les femmes, les agriculteurs et les entrepreneurs. Ces rencontres ont livré, selon lui, des témoignages sincères, parfois émouvants, qui illustrent la résilience des Marocains et leur volonté de transformer leur destin, pour peu que l’État soit présent à leurs côtés. « Les Marocains travaillent dur. Ils n’attendent qu’un accompagnement efficace pour transformer la vision en réalité », a-t-il résumé.
Un discours offensif et ferme face aux fossoyeurs de la réalité
Sur le terrain politique, Akhannouch a adopté un ton plus direct qu’à l’accoutumée. Il a réfuté les accusations de certains adversaires qui reprochent au gouvernement un manque d’écoute ou de fidélité à ses engagements. Pour lui, ces discours ne relèvent ni de l’analyse ni de la critique constructive, mais d’une simple volonté de prendre le pouvoir, quitte à déformer la réalité. Il a insisté sur le fait que le RNI respecte ses engagements et demeure fidèle à la mission confiée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI. La promesse formulée en 2021 – « Vous méritez mieux » – reste, selon lui, la boussole de l’action publique.
Akhannouch met en avant plusieurs résultats qu’il considère comme structurants : la hausse des salaires qui a touché des millions de familles, le déploiement d’un système de protection sociale désormais accessible aux enfants, aux personnes âgées et aux catégories auparavant exclues, l’ouverture généralisée de la couverture médicale, ainsi que la réforme profonde du système de santé. Il souligne également la transformation engagée dans le domaine éducatif avec les écoles pionnières, l’éducation numérique, les écoles de la seconde chance ou encore les Cités des Métiers et des Compétences, tout comme la montée spectaculaire du secteur touristique qui positionne aujourd’hui le Maroc comme première destination du continent africain.
Il reconnaît néanmoins qu’un écart persiste entre les réformes engagées et la perception quotidienne des citoyens. « Les Marocains veulent voir la différence dans leurs écoles, leurs routes, leurs hôpitaux, leurs quartiers. C’est leur droit, et c’est notre devoir d’y répondre », a-t-il affirmé.
Drâa-Tafilalet : du retard historique à la projection stratégique
La région, longtemps considérée comme oubliée ou délaissée, occupe aujourd’hui une place centrale dans la stratégie nationale de réduction des inégalités territoriales. Akhannouch a présenté une série de chantiers qui devraient modifier en profondeur l’accès aux services essentiels. Dans le domaine de la santé, il a annoncé qu’un Centre Hospitalier Universitaire ouvrira ses portes en 2027, que l’hôpital provincial de Rissani sera opérationnel dès le printemps 2026, que deux nouveaux établissements verront le jour à Ouarzazate, tandis que l’hôpital de Tinghir accueille déjà les patients. À Midelt, les travaux de réhabilitation complète de l’hôpital provincial seront achevés en 2026, tandis qu’un important programme de rénovation a permis de remettre à niveau plus de cent centres de santé de proximité, dont plus de quatre-vingts fonctionnent déjà, essentiellement en zone rurale.
Dans le domaine éducatif, la région compte désormais 428 écoles pionnières, symboles d’une école publique modernisée, et la future Cité des Métiers et des Compétences, dont les travaux avancent, devrait ouvrir ses portes dès l’an prochain. Côté infrastructures, les efforts de désenclavement se sont traduits par la réalisation de plus de 1 600 kilomètres de routes et de pistes dans le cadre du programme national de réduction des disparités territoriales et sociales.
Tourisme, artisanat, agriculture : des leviers de développement à grande échelle
Le gouvernement ambitionne de réveiller durablement le potentiel touristique de Drâa-Tafilalet. L’augmentation de 14 % des capacités aériennes vers Ouarzazate, Zagora et Errachidia s’ajoute à la réhabilitation d’une dizaine d’hôtels et au lancement d’un programme national de valorisation des villages touristiques, dont trois sont situés dans la région, notamment à Aït Ben Haddou et Assoul. Plus de cent soixante projets touristiques bénéficient aujourd’hui d’un accompagnement ou d’un soutien technique, tandis qu’une nouvelle dynamique culturelle s’installe grâce à la restauration de sites patrimoniaux comme la Kasbah Oulad Abdelhalim.
Le secteur de l’artisanat, qui fait vivre des milliers de familles, bénéficie d’une restructuration profonde avec la création de nouveaux complexes artisanaux, de villages professionnels, d’espaces de vente et de centres de formation. Pas moins de douze mille jeunes de la région entameront cette année une formation en alternance.
Sur le plan agricole, la région, grande productrice de pommes, de dattes, de safran et de roses, a vu l’extension de l’irrigation goutte-à-goutte à grande échelle, la mise en service du barrage Kaddoussa qui irrigue désormais cinq mille hectares, et l’élargissement des palmeraies modernes sur quinze mille hectares. La productivité de la pomme a bondi de plus de 70 % en une décennie, faisant de Midelt un pôle stratégique de la filière au niveau national.
Enfin, la création de zones industrielles dans les cinq provinces, notamment celle de Tarda qui s’étend sur près de 280 hectares, illustre la volonté d’attirer l’investissement privé et de générer des emplois durables. Une unité de valorisation des dattes à Boudenib créera à elle seule plusieurs centaines d’emplois directs.
Et en guise de clôture, Aziz Akhannouch a tenu à livrer un message à tonalité nettement et fortement politique. Il a rappelé aux élus du RNI que la confiance des citoyens n’est jamais acquise et qu’elle se mérite chaque jour par la présence sur le terrain, l’écoute et la transparence. Il les a appelés à accompagner activement les citoyens dans leurs démarches, notamment dans la phase actuelle d’inscription sur les listes électorales.
Mais c’est surtout un avertissement qu’il a voulu adresser : « Le Maroc entre dans une nouvelle ère, celle de l’État social voulu par Sa Majesté. Ceux qui veulent freiner ce mouvement se trompent d’époque. Aucun retour en arrière n’est possible. » Dans cette perspective, il a appelé à une mobilisation collective pour consolider un Maroc plus fort, plus juste et plus équilibré. « Ce que nous construisons aujourd’hui, ce sont les fondations du Maroc de demain. Et ce chantier-là, nous n’avons pas le droit de le laisser inachevé. »



