Exposition
«Après le feu» est le titre de la nouvelle exposition de l’artiste Khadija Jayi au Comptoir des Mines galerie de Marrakech. Elle nous invite à traverser ce qui reste des flammes, les cendres, les corps, les terres et les mémoires pour comprendre ce que le feu, dans sa violence comme dans sa clarté, révèle de nous.

L’artiste Khadija Jayi signe son retour avec une nouvelle exposition intitulée «Après le feu», prévue à partir du 20 décembre 2025 au Comptoir des Mines galerie de Marrakech. Elle dévoile ainsi une exposition charnière, une inflexion profonde dans son parcours artistique. «Si son travail a toujours été traversé par une attention aux matières fragiles, aux corps vulnérables et aux récits minorés, cette nouvelle proposition marque une transformation décisive. Elle y déploie une réflexion à la fois plus ample dans ses enjeux historiques, plus ancrée dans l’actualité mondiale et plus radicale dans sa manière d’articuler les notions de destruction, de trace et de survivante», explique la galerie dans une note d’information.
En effet, l’artiste nous invite à traverser ce qui reste des flammes -les cendres, les corps, les terres, les mémoires pour comprendre ce que le feu, dans sa violence comme dans sa clarté, révèle de nous.
L’exposition conçue comme un parcours initiatique s’inscrit dans un espace liminal: celui de l’après, où la trace devient la première matière d’un récit. «Ce récit n’est ni linéaire ni apaisé : il est fait de ruines, de peaux, de cicatrices et de lumière. Il s’écrit à même le cahier du monde. Car chez Jayi, le feu est à la fois élément destructeur et principe d’illumination, au sens où l’entendaient les mystiques soufis. Inspirée par la figure d’Al Hallaj, martyr de la vérité, l’artiste explore la combustion non comme une fin mais comme une révélation». C’est donc dans cet entrelacement du spirituel et du politique que se déploie cette exposition. Les œuvres produites pour l’occasion par l’artiste ne séparent pas le mystique du réel et tissent avec force, dans une même matière visuelle, la destruction et la réinvention.

A propos de l’artiste
Parcours Khadija Jayi est née en 1989 dans la ville sainte de Moulay Idriss Zerhoun. Elle grandit au sein d’un milieu très conservateur, imprégné par les valeurs figées de la tradition. D’un tempérament rebelle, elle décide de prendre sa destinée en main et emprunter le chemin qu’elle s’est choisi, celui de l’art. Grâce à l’aide précieuse de M. Touzani, directeur du lycée où elle poursuivait des études de lettres, elle réussit à changer de filière pour s’inscrire d’abord dans la section des arts plastiques à Meknès, puis à l’École supérieure des beaux-arts de Tétouan, d’où elle sort diplômée en 2018. À travers ses recherches, elle tente de répondre à des questionnements qui n’ont cessé de la préoccuper tout au long du chemin ardu qu’elle s’est tracé. S’inspirant des pratiques artisanales féminines dont elle a hérité ainsi que des difficiles réalités auxquelles elle a été confrontée, Khadija nous invite à réfléchir les conflits entre tradition et modernité. C’est dans une démarche emblématique de formes et de traces consumées que Khadija Jayi s’est approprié le langage du feu: sa lumière, sa chaleur. Mais aussi le feu comme forme de souffrance.

 

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