
Débauche
Un écran, une annonce et l’on est dirigé vers un appartement à El Jadida, derrière lequel six femmes dont trois d’une même famille ont fait du Web leur vitrine et de la débauche leur fonds de commerce. Heureusement, la brigade des mœurs a sévi.
Dans la ville d’El Jadida, derrière la façade ordinaire d’un immeuble du quartier Najd, une activité clandestine soigneusement organisée se déroulait pendant plusieurs mois. Une jeune femme, trentenaire, a loué un appartement qu’elle a progressivement aménagé en véritable lieu de débauche, au cœur d’un réseau familial de prostitution qui a opéré à l’ombre du monde numérique.
Pour les éléments de la brigade des mœurs relevant du service régional de la police judiciaire d’El Jadida, tout a commencé par une information qui a mis la machine judiciaire en branle. En surveillant les recoins obscurs d’Internet, ces agents ont repéré des annonces suspectes publiées sur un site pornographique utilisé pour attirer des clients auxquels des services étaient proposés contre rémunération. Des photos de jeunes femmes, des numéros de téléphone, et une promesse implicite de services tarifés selon les envies du client s’y affichaient sans détour. Dès lors, une enquête a été ouverte discrètement. Les limiers ont engagé des recherches techniques remontant les fils numériques jusqu’aux véritables identités cachées derrière les profils en ligne. Progressivement, le visage d’une organisation familiale a émergé des données collectées. À sa tête, une jeune femme dans la trentaine s’est entourée de sa sœur et de sa propre mère, une sexagénaire. Trois autres jeunes femmes ont complété ce réseau, recrutées pour alimenter une activité devenue, au fil des semaines, de plus en plus structurée. Quelques jours plus tard, le temps du piège est venu. Sur instruction du procureur du Roi près le tribunal de première instance, un élément de la brigade des mœurs s’est glissé dans la peau de clients potentiels. Il a passé des appels téléphoniques, négocié un rendez-vous, et s’est présenté à l’appartement comme un simple usager des services proposés en ligne. Lorsque la porte s’est ouverte, ce fut pour laisser entrer non pas un client, mais des enquêteurs venus mettre fin à l’activité clandestine. La perquisition, menée avec précision, a permis de mettre hors d’état de nuire, dans un premier temps, les cinq jeunes femmes. La mère de la proxénète qui était absente lors de l’opération initiale a été arrêtée peu après. Pas moins de 320 préservatifs et d’importantes sommes d’argent ont été saisis.
Les six femmes ont été placées en garde à vue. Déférées, ensuite, devant le procureur du Roi, les six femmes ont comparu devant la chambre correctionnelle près le tribunal de première instance d’El Jadida.
Après les débats, la jeune femme, trentenaire, qui orchestrait cette bande de prostitution a été jugée coupable pour proxénétisme, incitation à la débauche et consommation de la drogue et a été condamnée à dix mois de prison ferme. Quant aux cinq autres, dont la mère et la sœur, elles ont écopé de trois mois de prison ferme.