Médicaments et Ramadan : Les 10 erreurs qui coûtent cher… et comment les éviter

Adaptation simple : Dès les premiers jours, on entend: «J’arrête pour tenir», «Je décale comme je peux», «Je double pour rattraper». Or un traitement chronique protège un équilibre – tension, glycémie, cœur, respiration, douleur – et cet équilibre ne s’ajuste pas au hasard..

Dr. Mahjoub ABDEDDAÏM
Médecin spécialiste en Rhumatologie
Éthique, IA & Santé, Oujda

Le bon jeûne commence par la bonne organisation

Le Ramadan est un mois de foi, mais aussi un mois où l’horloge se décale : repas tardifs, sommeil fractionné, journées exigeantes. Dans ce changement, le danger le plus fréquent n’est pas le jeûne lui-même, mais l’improvisation des traitements. Dès les premiers jours, on entend: «J’arrête pour tenir», «Je décale comme je peux», «Je double pour rattraper». Or un traitement chronique protège un équilibre – tension, glycémie, cœur, respiration, douleur – et cet équilibre ne s’ajuste pas au hasard.
Avant tout : les 3 réflexes qui protègent
Des réflexes, simples comme une boussole, évitent l’essentiel des complications:
1. Ne jamais arrêter seul un traitement chronique.
2. Ne jamais doubler une dose en cas d’oubli.
3. Demander conseil tôt (médecin ou pharmacien), surtout la première semaine.

Les 10 erreurs les plus fréquentes (et la bonne façon de faire)

1) «J’arrête quelques jours, ça ira» : l’arrêt brutal de certains traitements (tension, cœur, anticoagulants, antiépileptiques, corticoïdes…) peut déstabiliser l’organisme. On ajuste l’horaire si c’est possible, on ne supprime pas.
2) «Je double ce soir pour rattraper» : doubler une dose expose à des effets indésirables. En cas d’oubli, on ne rattrape pas à l’instinct : on demande un avis.
3) «Je rapproche deux prises dans la nuit» : coller deux prises peut concentrer la dose sur un temps trop court. Mieux vaut un schéma adapté qu’un empilement.
4) «Je change la dose moi-même» : réduire ou augmenter «au feeling» rend le traitement inefficace ou mal toléré. La posologie se discute.
5) «Je sous-estime l’eau de la nuit» : certaines molécules supportent mal la déshydratation (ex. diurétiques). La nuit, l’hydratation devient une partie de la sécurité.
6) «Je déplace sans tenir compte du repas» : certains médicaments se prennent à jeun, d’autres avec nourriture. Déplacer sans règle peut diminuer l’efficacité ou irriter l’estomac.
7) «Je gère la douleur au hasard» : excès de paracétamol ou anti-inflammatoires inadaptés peuvent poser problème. Soulager oui, improviser non.
8) «Je banalise les signaux d’alerte» : vertiges, malaise, sueurs, palpitations, confusion ne sont pas «normaux». On s’arrête et on consulte si nécessaire.
9) «On m’a dit que…» : l’entourage et les réseaux ne remplacent pas un avis médical. Chaque situation est différente.
10) «J’attends que ça s’aggrave» : la bonne décision est souvent celle prise tôt. Une adaptation simple vaut mieux qu’une urgence tardive.

Exemples concrets : Ce que vivent les familles

Hypertension / cœur : Arrêter «pour tenir» peut faire remonter la tension ou déséquilibrer un état stabilisé. Souvent, on peut replacer les prises à l’iftar et au suhoor si le schéma le permet.
Diabète : Le risque majeur est l’hypoglycémie. Un plan clair d’adaptation, une autosurveillance et la connaissance des situations où il faut rompre le jeûne évitent les urgences.
Douleurs : On peut soulager, mais avec mesure : respecter les doses et demander conseil si la douleur s’installe.
5 questions – 5 réponses :
1. Puis-je arrêter mon traitement pendant Ramadan ? Non : On adapte l’horaire, pas le traitement.
2. J’ai oublié une prise : je double à l’iftar? Non : en cas d’oubli, on demande conseil.
3. Je peux tout prendre entre iftar et suhoor ? Parfois, mais pas toujours : cela dépend du traitement.
4. Diabète : Quels signes doivent alerter ? Sueurs, tremblements, confusion : possible hypoglycémie ; contrôlez et rompez si nécessaire.
5. Douleurs : je prends «ce qui marche»? Oui pour soulager, non pour improviser: doses respectées.

à retenir

Un Ramadan apaisé commence par une règle simple : on organise ses médicaments comme on organise ses repas, avec sérieux et sagesse.
Le meilleur Ramadan est celui qui se prépare: une discussion de quelques minutes avec votre médecin ou votre pharmacien suffit souvent pour adapter les horaires, sans prendre de risques.

 

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