Une première à l’échelle africaine. Le Groupe OCP réalise avec succès sa première émission obligataire hybride sur les marchés internationaux. Cette opération inaugurale a porté sur un montant total de 1,5 milliard de dollars soit le premier hybride en dollars jamais émis par OCP.
Le groupe signe ainsi une avancée historique sur les marchés financiers. Il s’agit en effet du premier instrument du genre émis par un corporate africain sur les marchés internationaux. « Cette émission confirme de nouveau la solidité du profil de crédit d’OCP et sa capacité à accéder aux marchés de capitaux internationaux dans des conditions compétitives, en dépit d’un contexte géopolitique incertain », peut-on relever dans ce sens. Et de préciser qu’ « au-delà du caractère inaugural de cette transaction pour un corporate africain, OCP présente également la particularité d’être un groupe à capitaux publics. Dans le contexte actuel, ce positionnement est atypique, les émissions hybrides étant historiquement associées à des émetteurs privés ».Dans le détail, l’opération, arrangée par BNP Paribas, Citi et JP Morgan, a bénéficié d’une forte demande, avec un livre d’ordres 4,6 fois couvert et la participation de 176 investisseurs dans 23 pays. Les coupons ont été fixés à 6,74% pour la tranche callable en avril 2031, et à 7,37% pour la tranche callable en avril 2036.
Cette opération intervient à un moment où le marché des engrais connaît un resserrement structurel. Un contexte qui se veut favorable aux producteurs intégrés à l’instar de OCP. « La demande reste solide, portée par les enjeux globaux de sécurité alimentaire et par une offre réduite dans certaines régions, notamment en Chine, ce qui constitue un facteur de soutien structurel pour le Groupe », peut-on déduire dans ce sens. Et de rappeler que : « la demande devrait croître de 3% par an à l’horizon 2030 ». Se référant à OCP, les conditions actuelles s’inscrivent dans la logique des périodes précédentes à l’instar de 2008-2022 durant lesquelles les coûts des intrants se sont accompagnées de marges EBITDA élevées pour le Groupe, et ce grâce à la répercussion des coûts sur les prix de vente et à la flexibilité industrielle du Groupe. Pour le soufre, OCP affirme adopter une approche proactive de sécurisation de ses approvisionnements en amont des tensions récentes. Le Groupe dispose à ce stade de niveaux de stocks permettant de couvrir ses besoins opérationnels au moins jusqu’à fin juin, offrant ainsi une visibilité court terme et une protection contre d’éventuelles perturbations logistiques immédiates. Dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques, OCP a décidé d’anticiper au deuxième trimestre une partie de ses opérations de maintenance initialement prévues au troisième et quatrième trimestre. Une démarche qui s’inscrit pleinement dans une logique de continuité de service au bénéfice du fermier. « En ajustant de manière proactive le rythme de production dans un environnement contraint, OCP s’assure de pouvoir sécuriser ses capacités de livraison et limiter les risques de rupture ou de tension sur les marchés », explique le Groupe. Et de préciser que « cette approche vise à garantir que les agriculteurs puissent accéder aux fertilisants au moment critique des cycles agricoles, contribuant ainsi à préserver à la fois leurs rendements, même en période de forte volatilité ». Il est à souligner que OCP engage une stratégie de « customization » comme levier de protection du fermier et de découplage de la géopolitique de l’énergie des engrais. Cette vision répond à un objectif à la fois agronomique et économique.
« En pratique, lorsque les prix du gaz et du pétrole augmentent, les engrais azotés, dont la production est fortement dépendante de ces intrants énergétiques, deviennent significativement plus coûteux. Cette hausse se répercute directement sur la facture du fermier, pesant sur son pouvoir d’achat et pouvant conduire, dans certains cas, à une réduction des apports, avec un impact potentiel sur les rendements », explique le Groupe dans ce sens. Et de poursuivre : « cette pression est accentuée par le fait que l’azote et le phosphore sont habituellement appliqués conjointement, selon un ratio fixe qui ne reflète pas les besoins spécifiques des cultures ni les caractéristiques des sols. Il en résulte une surapplication d’azote, dont une part importante n’est pas valorisée par la plante et se dissipe, traduisant une « inefficience » d’utilisation des nutriments et un surcoût pour le fermier ». A travers son approche, OCP apporte une réponse structurante articulée autour de trois leviers complémentaires. Citons en premier la séparation des nutriments, en particulier entre l’azote et le phosphore. Ce levier permet d’introduire un découplage direct entre le coût des engrais et la volatilité des marchés énergétiques. Le deuxième levier de résilience porte sur le développement de solutions comme l’ammoniac vert. « En réduisant progressivement la dépendance aux sources conventionnelles d’ammoniac, fortement corrélées aux prix du gaz, cette approche permet à terme de stabiliser le coût des intrants azotés et de renforcer la sécurité d’approvisionnement, contribuant indirectement à la soutenabilité du coût global de fertilisation pour le fermier », peut-on retenir dans ce sens. Enfin, la gestion du soufre s’inscrit également dans cette logique de découplage et de sécurisation. Bien que souvent lié aux chaînes de production pétrolières et gazières, le soufre peut être approvisionné via des sources diversifiées minières ou substitué par la pyrite et la pyrrhotite sur les procédés industriels. Dans son ensemble, cette stratégie permet de mieux maîtriser les déterminants du coût de fertilisation, de lisser l’impact des chocs exogènes et, in fine, de préserver le pouvoir d’achat du fermier tout en assurant la continuité des usages agronomiques



