Présidentielle française, l’angoisse d’ingérences étrangères!

Aujourd’hui la présidentielle française présente des enjeux de pouvoir et d’influence très aigus. Le président sortant Emmanuel Macron ne peut, Constitution oblige, se présenter pour un troisième mandat. Son héritage est disputé par quatre figures majeures de la droite et du centre français.

Tout le monde savait que le danger existait mais personne ne se doutait qu’il allait intervenir si tôt avant la présidentielle française. La peur d’une ingérence étrangère dénoncée par certains candidats pointe le curseur accusateur vers Moscou et sa capacité à mener une guerre par mouches électroniques interposées. Pourquoi Moscou ? Parce que Paris a déjà un passif avec les propagandistes russes depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Elysée pour son premier mandat.

Le souvenir est encore frais dans les mémoires du président français accueillant avec faste son homologue russe Vladimir Poutine au château de Versailles et n’hésitant pas à scalper les médias russes accusés de délivrer des fake news plutôt que des informations vérifiées. Et depuis, les services de l’Etat français pointent à chaque scrutin des tentatives russes d’agir sur les comportements des électeurs et de tenter de modifier l’issue du scrutin.

Aujourd’hui la présidentielle française présente des enjeux de pouvoir et d’influence très aigus. Le président sortant Emmanuel Macron ne peut, Constitution oblige, se présenter pour un troisième mandat. Son héritage est disputé par quatre figures majeures de la droite et du centre français. Deux anciens Premiers ministres nommés par Macron, Edouard Phillipe et Gabriel Attal. Et deux figures de la droite dure, Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez.

En face d’eux se trouvent deux figures des extrêmes, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Le point commun entre les quatre est leur conviction de devoir poursuivre tous les efforts pour empêcher Vladimir Poutine de gagner sa guerre contre l’Ukraine car ils sont persuadés que son appétit de domination et de conquête territoriale va augmenter avec les effluves d’une victoire militaire tranchée. Et pour cela il faut continuer à apporter l’aide nécessaire aux Ukrainiens et à supporter sans faille le système de sanctions internationales contre la Russie.

Le point commun entre les deux autres, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, est à trouver dans leur admiration personnelle et politique du style Poutine et à leurs soutiens implicites à sa guerre contre l’Ukraine. Pour l’extrême droite, il y a eu une grande affaire de financement russe à travers des crédits bancaires qui avaient définitivement entaché la réputation de Marine Le Pen et l’avaient installé dans les opinions comme une possible marionnette de Moscou si elle venait à gagner du pouvoir en France.

Pour Jean -Luc Mélenchon, le tropisme russe de la France insoumise provient de son rejet viscéral à la fois des choix stratégiques américains dans le monde qu’ils soient économiques ou militaires et des démarches de l’alliance atlantique sous parapluie américain. Mélenchon comme Le Pen trouvent les sanctions internationales contre la Russie aussi injustes qu’inutiles.
C’est ce positionnement pro-russes de deux partis de l’extrême droite et de l’extrême gauche qui les rend attractifs pour la stratégie russe. Les dirigeants de Moscou pensent que si un de ces deux dirigeants français arrivait au pouvoir, il changerait fatalement le cours de la diplomatie française et ses positions sur la guerre Ukraine Russie. Et ce choix russe n’est pas exclusif à la France. L’approche de Moscou qui est d’encourager les forces de l’extrême droite pour arriver au pouvoir est basée sur la conviction qu’elles vont devenir ses alliés pour ne pas dire ses pions dans le grand bras de fer qui l’oppose à ses adversaires internationaux.

Et c’est pour ces raisons que les accusations contre le régime russe d’interférer dans les scrutins électoraux européens trouvent leurs justifications dans ce que pourrait représenter cette extrême droite dans la stratégie internationale d’influence russe. Moscou utilisera son expertise cybernétique, sa maîtrise des réseaux sociaux, ses capacités technologiques d’infiltration pour proposer des contenus hostiles à ses adversaires et favorables à ses poulains avec le but manifeste de tenter de consacrer leurs victoires. Avec cette idée simple, plus il y a des pays dans lesquels l’extrême droite gouverne, plus il y a des amis et des alliés sur lesquels Vladimir Poutine pourra compter pour changer le cours de la guerre et de l’histoire. Il ne s’agit pas d’une simple affaire d’intervention mais d’un véritable enjeu de pouvoir à l’échelle internationale qui pourrait reconfigurer l’ensemble des rapports de force qui gèrent les affaires de la planète. Un enjeu majeur pour Poutine qui jusqu’à présent a échoué à trancher militairement sa guerre contre l’Ukraine.

 

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