Drame familial
Un conflit conjugal, sur fond de tensions familiales persistantes, a viré au drame dans un domicile à Tanger. Trois frères ont été traduits en justice pour leur implication dans la mort du mari de leur sœur, à l’issue d’une violente altercation.
Ce foyer conjugal n’était plus un refuge pour ce couple tangérois mais une scène pour les échanges d’injures, les disputes et l’usage de violence pour devenir finalement le théâtre d’un drame irréversible. À l’issue d’un conflit conjugal qui s’est mué en violence extrême, le mari a perdu la vie. En fait, il a été tué par trois membres de sa belle-famille. Ces derniers, à savoir son épouse et ses deux beaux-frères, se sont retrouvés, récemment, face aux trois magistrats de la chambre criminelle de première instance près la Cour d’appel de Tanger.
Tout a commencé par une dispute entre époux. La tension est rapidement montée. Alertés par la scène, les frères de l’épouse sont intervenus pour protéger leur sœur. Ils n’ont pas tardé à en venir aux mains. À l’entrée de la maison, le mari s’est effondré, inconscient. Il ne s’est plus relevé.
Lorsque l’affaire est arrivée devant les trois juges de la chambre criminelle près la Cour d’appel de Tanger, chacun y est allé avec sa version des faits. Le principal accusé a affirmé avoir voulu mettre fin à des violences conjugales répétées. Selon lui, le jour des faits, la victime a fait irruption au foyer conjugal et agressé son épouse. Il a assuré n’avoir donné qu’un seul coup, sans intention de le tuer. Il était convaincu que l’homme avait seulement perdu connaissance.
L’avocate de la défense s’est appuyée sur ce récit. Elle a évoqué une rixe familiale banale, un dérapage incontrôlé, sans préméditation ni volonté d’homicide. Elle a requis alors une requalification des faits et tenté de minimiser l’implication des autres membres de la fratrie, présentés comme de simples témoins d’un affrontement qui les a dépassés.
Mais dans la salle d’audience, une autre voix s’est élevée. Celle de la mère de la victime. Partie civile, elle a décrit une scène bien plus sombre. Elle a accusé les trois frères d’avoir retenu son fils à l’intérieur de la maison, de l’avoir battu à mort. Elle a rappelé les conflits anciens, les rancœurs accumulées entre les deux familles, et a réclamé justice pour un fils qui, selon elle, n’a jamais eu la moindre chance de s’en sortir.
Face à ces récits contradictoires, le représentant du ministère public a tranché. Pour lui, l’intervention des frères n’avait rien d’un geste de protection. Elle s’est transformée en violence grave, aux conséquences fatales. Les rapports médico-légaux et les expertises techniques ont confirmé l’usage d’une force ayant directement conduit à la mort de la victime. La responsabilité pénale, estime l’accusation, est clairement établie.
Après les délibérations, la Cour a rendu son verdict en condamnant le principal accusé à quinze ans de réclusion criminelle, reconnu comme l’auteur des coups et blessures ayant entraîné la mort. Son frère a écopé de six mois de prison ferme. Quant à l’épouse de la victime, elle a été condamnée à deux mois de prison ferme assortis de la même amende.



