Sous les oliviers, la mort au bout du couteau

Règlement de comptes
Le soir du match entre le Maroc et la Zambie, en septembre 2025, dans les hauteurs du Moyen Atlas, un différend lié au trafic de mahia a basculé dans une violence extrême. À Zaouïat Aït Ishaq, un homme venu pour régler ses comptes a trouvé la mort sous les coups de son rival, avant d’être traîné et abandonné aux abords d’une forêt.

A la chambre criminelle, première instance, près la Cour d’appel de Béni Mellal, deux jeunes hommes se tiennent, cette dernière semaine du mois d’avril, devant les trois magistrats de la Cour. L’un est poursuivi pour homicide volontaire avec préméditation et guet-apens et actes de barbarie et l’autre pour non-dénonciation d’un crime.
En effet, le crime remonte au lundi 8 septembre 2025, sous les oliviers du village de Zaouïat Aït Ishaq relevant de la province de Khénifra, deux jeunes hommes se sont retrouvés face à face pour ce qui allait devenir leur ultime confrontation. L’un était venu pour tuer. C’est pourtant lui qui allait mourir. La soirée avait commencé dans une apparente banalité. De jeunes hommes s’étaient réunis autour d’un écran improvisé pour suivre la rencontre opposant le Maroc à la Zambie. Mais loin d’eux, un jeune homme restait à l’écart, il ne s’intéressait pas au match. Il se soûlait tout seul, loin des regards. Âgé de trente-huit ans, il n’était pas inconnu des services de justice. Impliqué dans le trafic de mahia, cette eau-de-vie artisanale longtemps répandue dans certaines zones rurales, il traînait derrière lui un lourd passif de violences et de règlements de comptes. Seulement, il n’imaginait pas qu’un jeune homme, avec lequel il avait des comptes à rendre, le guettait. Âgé de vingt-huit ans, ce dernier évoluait également dans le même univers clandestin. Entre les deux jeunes hommes, la tension avait atteint son paroxysme. Selon les éléments de l’enquête effectuée par les éléments de la gendarmerie royale, le trentenaire s’est rendu ce soir-là au repaire de son adversaire avec l’intention manifeste d’en finir. Evidemment les choses ont rapidement dégénéré. Les échanges verbaux ont laissé place à une violente confrontation physique avant qu’un couteau n’entre en scène. Le plus jeune des deux hommes a alors porté plusieurs coups à son rival avec une extrême brutalité. La lame a atteint la poitrine de la victime et sectionné le nerf de sa main droite. Les coups se sont multipliés sur différentes parties du corps. Comme si la mort ne suffisait pas, le mis en cause a traîné le corps de la victime sur une longue distance, depuis les abords de l’oued jusqu’aux environs de la région de Tighassaline, avant de l’abandonner près d’une zone forestière après l’avoir dépouillé de ses vêtements. Le silence s’est alors installé autour du drame. Un témoin des faits, présent lors de la scène, a tardé à alerter les autorités.
Lorsque les éléments de la gendarmerie royale ont été informés des faits et se sont rendus sur place, le principal mis en cause n’avait pas pris la fuite. Il s’est livré aux enquêteurs sans manifester la moindre résistance. Le cadavre de la victime a été évacué à la morgue du centre hospitalier régional de Beni Mellal pour autopsie.
Les investigations menées par le centre judiciaire de la Gendarmerie royale de Zaouïat Aït Ishaq ont confirmé que les deux hommes étaient impliqués dans des activités liées au trafic de mahia et possédaient de lourds antécédents judiciaires en matière de violence.
Devant la chambre criminelle près la Cour d’appel de Béni Mellal, le meurtre avec préméditation et guet-apens et les actes de barbarie ont été confirmés lors de l’interrogatoire du mis en cause principal. Et le verdict est tombé : la réclusion criminelle à perpétuité.
Quant au jeune homme poursuivi pour non-dénonciation, il a écopé de deux ans de prison ferme.

 

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