Rancœur
Nous sommes le mardi 24 février 2026, à la chambre criminelle près la Cour d’appel de Tanger comparaît un quadragénaire. Il est poursuivi pour homicide volontaire de son ex-épouse.
À Tanger, le mardi 23 décembre 2025, le quartier populaire de Ghomari niché dans la région de Rahrah, a basculé dans l’horreur. Une femme d’une trentaine d’années, mère de deux enfants, une fille de treize ans et un garçon de onze ans, a trouvé la mort étouffée dans son propre domicile conjugal. Le meurtrier n’était autre que son ex-mari, miné par une jalousie tenace après un divorce pour discorde(Chikaq) prononcé peu auparavant par le tribunal de la famille. En effet, les voisins gardent encore en mémoire les cris qui traversaient les murs trop minces. Les disputes, nourries par des liens familiaux étroits puisqu’ils sont cousins, étaient monnaie courante. Des réconciliations imposées par la famille ont longtemps retardé l’échéance. Finalement un divorce a été arraché de force, puis une paix fragile s’est installée. Mais la rancœur a continué de couver. Lui est resté obsédé et a continué de frapper à sa porte sous prétexte de voir les enfants. Elle, libérée sur le papier, vivait dans la peur.
Le vingt-quatrième jour du dernier mois de l’année dernière, après la prière du Maghreb, l’occasion s’est présentée. Les enfants sont partis suivre leurs cours de soutien scolaire. La maison est restée vide. Il est arrivé. Comme d’habitude, elle a ouvert la porte. Il est entré. Sans préambule, il s’est jeté sur elle, l’a maltraitée et l’a saisie à la gorge. Les expertises médico-légales ont révélé des marques de strangulation, des brûlures et de nombreuses traces de violence sur son corps meurtri. En fait, elle a rendu l’âme entre ces murs qui avaient déjà été témoin de sa grossesse à deux reprises et de ses souffrances. Dans un geste surréaliste, il s’est rendu immédiatement chez la police pour avouer son crime. Aucun mobile économique, juste la jalousie qui a cédé la place à la rancune.
Devant les magistrats de la chambre criminelle il a plaidé la crise de colère. Il a affirmé qu’il n’avait pas l’intention de la tuer, mais juste un moment de colère qu’il va payer cher aussi bien lui que ses deux enfants.
Après les débats et les délibérations, les juges n’ont pas retenu contre lui la préméditation ni le guet-apens, mais ils ont conclu à un homicide volontaire.
Verdict : trente ans de réclusion criminelle.


