«Tout reste en famille… sauf l’ego, qui veut toujours plus !

Mieux communiquer, mieux vivre…

Réflexes toxiques
Même dans des familles aimantes, il arrive que certaines dynamiques favorisent la comparaison ou la compétition. Une phrase lancée sans intention, un compliment maladroit, une remarque répétée… et l’ego commence à se fabriquer une carapace.

Dans une précédente chronique, je me suis penchée sur l’ego au travail, Mister Ego, je l’ai appelé. Aujourd’hui, c’est d’un autre genre d’ego que je souhaite vous parler, celui qui se construit au cœur même de la famille. Celui qui, s’il est équilibré, devient un moteur d’affirmation de soi, sans empiéter sur les autres membres de cette famille, et partagera avec eux réalisations et évolution, et s’il est mal géré, blessé ou surdimensionné, il peut créer au sein des familles des tensions silencieuses, des comparaisons toxiques et des distances parfois difficiles à réparer.
L’ego n’est pas un ennemi. Il a sa place. Il aide à se connaître, à prendre confiance, à se positionner. Tout dépend de la manière dont il est nourri et exprimé. Ca, nous l’avons compris !! Maintenant allons droit au but de cette chronique. C’est-à-dire, droit dans le cas où l’ego dérive dans la famille. Et oui, dérive, et le mot n’est pas trop fort !
Même dans des familles aimantes, il arrive que certaines dynamiques favorisent la comparaison ou la compétition. Une phrase lancée sans intention, un compliment maladroit, une remarque répétée… et l’ego commence à se fabriquer une carapace. Il est froissé, on l’a provoqué, il se réveille du mauvais pied…
Et c’est là qu’on voit alors apparaître des comportements comme vouloir que ses enfants réussissent plus que ceux de ses frères ou sœurs, cousins, cousines, se réjouir à moitié des succès d’un cousin, comparer qui gagne plus, qui réussit mieux, qui se marie plus tôt, chercher inconsciemment à être celui ou celle qu’on cite toujours en exemple lors des réunions de famille, instaurer des cachoteries en guise de protection des uns et autres supposés nous surveiller ou plutôt surveiller notre réussite, et faire pire, car souvent dans ce schéma où l’ego tient les rênes, on se sent épié, observé et on a peur les uns des autres, et tout s’emmêle, se déconstruit, s’empoisonne, s’embourbe dans un univers egocentrique de Misters et de Misses ego…
Ces réflexes toxiques et attitudes dénuées de bienveillance installent une compétition affective qui n’a rien à faire dans un environnement qui devrait être un espace de soutien, d’amour, d’encouragements et de sécurité et la famille devient un terrain de rivalité : un poison silencieux.
Je le dis, je vous le dis clairement : dans une famille, ces comparaisons et compétitions sont toxiques.
Elles abîment l’estime de soi, altèrent les relations et créent des fissures profondes dans des liens pourtant précieux.
Parce que le rôle d’une famille, le vrai, c’est bien l’amour inconditionnel, la bienveillance, l’entraide, prendre des nouvelles avec bienveillance, la célébration des réussites des uns et des autres, la joie sincère de voir un proche grandir, s’épanouir, réussir…
Là où il devrait y avoir des accolades, on trouve des cachoteries.
Là où il devrait y avoir des célébrations, on trouve des compétitions.
Là où il devrait y avoir du soutien, on trouve des comparaisons.
Là où il devrait y avoir amour, il y a ego…
Et pourtant, oui, cela existe. Même dans celles qui se veulent harmonieuses.
Et il ne faut pas avoir peur de le dire.
Le dire, ce n’est pas casser la famille.
Le dire, c’est prendre conscience, l’identifier et commencer à le transformer. Et dire aussi, qu’il a des familles, et elles sont nombreuses, qui ne sont pas dans cette schématique, et qui font de l’ego un moteur familial et non le contraire !
Mais comment reconnaître qu’on y est tombé, même adulte ?!
Eh bien, voici les signaux d’alerte. On éprouve de la difficulté à se réjouir sincèrement pour un proche. On ressent une pointe d’envie quand quelqu’un réussit. On cherche inconsciemment à en faire «un peu plus» que les autres. On minimise les succès d’un membre de la famille. On se sent en compétition sans vraie raison.
Ces signaux ne veulent pas dire qu’on est «mauvais». Ils disent simplement : il y a une blessure quelque part, prenons-en soin.
Il y a des solutions et, la plus recommandée à mon goût, c’est vous l’aurez devenu, de mieux communiquer, pour mieux vivre, à commencer par mieux éduquer nos enfants, pour leur permettre d’éviter ces schémas…
Une éducation valorisante qui valorise le chemin, pas le classement. Pratiquer l’encouragement à la coopération. Faire ensemble plutôt que faire mieux que l’autre. Une éducation où la communication évite les phrases «hiérarchisantes ». Les «regarde ton cousin» ou «pourquoi tu n’es pas comme…» laissent des traces. Enseigner la joie pour l’autre. Être vraiment heureux pour l’autre est une compétence émotionnelle fondamentale. Renforcer l’identité personnelle. Un enfant qui se connaît n’a pas besoin de prouver pour exister.
Vient ensuite l’âge adulte, celui où il est essentiel d’apaiser son ego dans la famille. En travaillant sur soi, en se développant personnellement. Pratiquer l’écoute active et écouter pour comprendre, pas pour répondre. Introduire la gratitude relationnelle, Remercier, reconnaître, valoriser. La gratitude neutralise la compétition. Oser mettre des mots et exprimer ses ressentis : «Cette comparaison m’a blessé» ou «j’aimerais qu’on fasse différemment».
Sans agressivité, mais avec sincérité. Revenir au rire, à la légèreté. Le rire, que j’enseigne depuis des années, est un remède simple : il casse les tensions et reconnecte à l’essentiel. Développer son intelligence émotionnelle et reconnaître ce qui relève d’une blessure et ce qui relève d’un réflexe appris.
Et surtout, se rappeler qu’une famille devrait être un refuge, pas un podium.
Un cercle de soutien, pas un terrain de rivalité.
Un espace où chacun peut être applaudi, célébré, encouragé.
L’ego peut être un magnifique moteur lorsqu’il est équilibré.
Mais lorsqu’il devient la boussole principale des relations familiales, il abîme ce qu’il y a de plus précieux : le lien.
Le reconnaître, c’est déjà commencer à le transformer.
Et quand on apprend à mieux communiquer, à mieux se connaître et à mieux se réjouir les uns des autres… On apprend surtout à mieux vivre ensemble.

 

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