
Les emprunteurs âgés de 30 à 40 ans représentent 26% des bénéficiaires, suivis des 40 à 50 ans avec 24%. Les taux d’endettement les plus élevés concernent toutefois les personnes âgées de 50 à 60 ans, dont la charge de dette atteint 39% des revenus.
Financement : Si les crédits aux ménages continuent de progresser à un rythme soutenu au premier semestre 2026, le portrait dressé par Bank Al-Maghrib montre que le recours au crédit demeure essentiellement porté par les salariés, les ménages aux revenus élevés et les actifs âgés de 30 à 50 ans. Dans le même temps, la montée de la part des emprunteurs dont la charge de dette dépasse 40% des revenus souligne un alourdissement progressif de l’endettement pour une partie des ménages, en particulier ceux gagnant moins de 4.000 dirhams. Décryptage.
Les crédits accordés aux ménages poursuivent leur progression au premier semestre 2026, confirmant une dynamique toujours positive du financement des particuliers. Les dernières statistiques de Bank Al-Maghrib, arrêtées à fin juin, montrent un encours de crédits aux ménages de 402 milliards de dirhams, en hausse de 3,4% sur un an. De ce montant, 371 milliards de dirhams ont été accordés aux particuliers et aux Marocains résidant à l’étranger (MRE).
Cette évolution s’inscrit dans une tendance relativement stable depuis le début de l’année. Après une progression de 3,3% en janvier, la croissance des crédits aux ménages s’est établie à 3,4% en février et en mars, avant d’atteindre 3,6% en avril, puis de revenir à 3,5% en mai et 3,4% en juin. Dans le même temps, les encours sont passés de 396 milliards de dirhams à fin janvier à 402 milliards à fin juin, soit une progression de près de 6 milliards de dirhams en six mois.
Au-delà de cette évolution, les résultats de l’enquête menée par Bank Al-Maghrib sur l’endettement des particuliers permet de mieux comprendre qui emprunte réellement au Maroc et quelles catégories de ménages recourent au crédit.
Les salariés demeurent les principaux emprunteurs
Les données portant sur 639.013 dossiers de particuliers ayant contracté ou renouvelé un crédit en 2025 montrent une forte concentration du crédit sur les salariés. Les salariés des secteurs public et privé représentent 63% de l’ensemble des emprunteurs, contre 60% un an auparavant.
Au sein de cette catégorie, les fonctionnaires présentent le taux d’endettement moyen le plus élevé, atteignant 44% de leurs revenus, contre 34% pour les salariés du secteur privé. Les retraités, qui représentent 18% des emprunteurs, affichent également un niveau d’endettement relativement élevé estimé à 36%, tandis que les professions libérales, représentant 9% des dossiers, enregistrent un taux plus modéré de 32%.

Les ménages aux revenus élevés concentrent l’essentiel des crédits
L’étude met également en évidence une forte concentration du crédit sur les ménages les plus aisés. Ainsi, les emprunteurs disposant d’un revenu mensuel supérieur à 10.000 dirhams représentent 59% des crédits accordés, avec un taux d’endettement moyen de 34%. Les ménages aux revenus intermédiaires supportent toutefois une charge financière relativement plus importante. Les emprunteurs percevant entre 4,000 et 10.000 dirhams présentent des taux d’endettement compris entre 37% et 38%, soit les niveaux les plus élevés rapportés à leurs revenus.
À l’inverse, les ménages gagnant moins de 4.000 dirhams par mois ne concentrent que 5% des crédits. Leur taux d’endettement reste néanmoins proche de 34%, ce qui peut limiter, selon Bank Al Maghrib, leur capacité d’absorption en cas de détérioration de leur situation financière.
Les actifs de 30 à 50 ans dominent le recours au crédit
La répartition par âge montre que le crédit est principalement mobilisé par les ménages en pleine activité professionnelle. Les emprunteurs âgés de 30 à 40 ans représentent 26% des bénéficiaires, suivis des 40 à 50 ans avec 24%. Les taux d’endettement les plus élevés concernent toutefois les personnes âgées de 50 à 60 ans, dont la charge de dette atteint 39% des revenus. Les emprunteurs de 60 ans et plus affichent un taux moyen de 35%, tandis que les moins de 30 ans, qui ne représentent que 9% des bénéficiaires, enregistrent le niveau le plus faible, à 29%.
Les ménages percevant moins de 4.000 DH les plus endettés
L’étude met également en lumière une progression du nombre de particuliers dont la charge de remboursement dépasse 40% de leurs revenus. Cette proportion est passée de 32% en 2024 à 38% en 2025, soit un niveau nettement supérieur à la moyenne de 28% observée entre 2015 et 2023. Ces emprunteurs concentrent désormais 45% de l’encours total des crédits, contre 41% un an auparavant. La structure de cette population évolue également vers des niveaux d’endettement plus élevés. La part des ménages dont le taux d’endettement se situe entre 50% et 60% progresse à 26% contre 24%, tandis que les emprunteurs dont la charge dépasse 70% représentent toujours 23% de cette catégorie. L’analyse par catégorie socioprofessionnelle révèle que les fonctionnaires et salariés du secteur privé concentrent 68% des bénéficiaires. «Les niveaux d’endettement demeurent élevés pour l’ensemble des profils, atteignant 63% pour les fonctionnaires, 61% pour les retraités, 59% pour les professions libérales et 56% pour les salariés», peut-on relever de Bank Al Maghrib. L’analyse par revenu montre par ailleurs que si les ménages gagnant plus de 10 000 dirhams concentrent 51% des crédits de cette catégorie, ce sont les revenus les plus modestes qui supportent les charges les plus lourdes. Les emprunteurs percevant moins de 4,000 dirhams par mois affichent ainsi un taux d’endettement moyen de 62%, contre 60% pour ceux gagnant entre 4,000 et 6.000 dirhams, 59% pour la tranche 6.000-10.000 dirhams et 58% pour les revenus supérieurs à 10.000 dirhams. Enfin, la répartition par âge confirme que les emprunteurs les plus âgés sont également les plus exposés. Les 40 à 50 ans constituent le groupe le plus représenté parmi les particuliers fortement endettés (26%), suivis des 30 à 40 ans (24%) et des 50 à 60 ans (23%). Les taux d’endettement atteignent 61% chez les 50-60 ans ainsi que chez les personnes de plus de 60 ans, contre 58% pour les 40-50 ans et 55% pour les moins de 30 ans.