Éditorial : Changer l’algorithme humain

L’annonce faite récemment par l’Office national des aéroports quant à la dématérialisation totale de la procédure d’enregistrement et des documents d’embarquement illustre deux choses importantes.

La première est qu’il n’y a probablement plus de limite qui rende la digitalisation impossible. Même une procédure aussi complexe que le parcours d’un passager dans un aéroport, qui fait intervenir une multitude d’acteurs et d’opérateurs, dont certains sur des volets aussi sensibles que la sécurité ou la gestion de données personnelles, peut finalement être entièrement dématérialisée.
Depuis quelques semaines, un autre mouvement attire également l’attention. Les annonces se multiplient autour de banques de nouvelle génération, entièrement virtuelles, sans agences et parfois sans chargés d’affaires, mais proposant des offres solides et des modes de fonctionnement sécurisés, souvent adossés à des établissements bancaires de la place. Aujourd’hui, on peut devenir client d’une banque, ouvrir un compte, gérer ses opérations ou solliciter certains services sans jamais mettre les pieds dans une agence.
Le deuxième enseignement est peut-être encore plus important que le premier.

À travers ces seuls deux exemples, on voit se dessiner une évolution qui touchera tous les métiers et les secteurs d’activité. Et à mesure que la digitalisation progressera, les entreprises, les opérateurs et même les administrations publiques devront repenser le travail humain. Non pas le remplacer. Non pas s’en passer. Mais lui donner une autre dimension, un autre contenu.
Car si les procédures, les tâches répétitives et une partie croissante des opérations peuvent être prises en charge par les technologies, la valeur du travail humain devra naturellement se déplacer vers ce que les machines ne savent pas faire ou ne feront jamais de la même manière : comprendre, décider, créer, arbitrer, convaincre, innover ou simplement apporter ce supplément d’intelligence qu’aucun algorithme ne peut reproduire à lui seul.
En toute logique, préparer cette révolution doit déjà avoir commencé dans les universités, les écoles, les centres de formation et, plus largement, dans notre manière de préparer les générations qui devront porter cette nouvelle économie…

 

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