
Si le Maroc a enregistré un flux net d’IDE de 14 milliards de dirhams sur les trois premiers mois de l’année, cette dynamique s’inscrit dans le prolongement d’un exercice 2025 particulièrement dynamique.
Capitaux étrangers : Les flux des IDE du premier trimestre 2026 consacrent le retour des investisseurs européens, la percée des activités industrielles et la montée de nouvelles filières, tout en révélant le ralentissement de certains contributeurs majeurs de 2025. Derrière ces évolutions se profile une profonde transformation de la carte des capitaux au Maroc. Décryptage.
La recomposition des investissements directs étrangers (IDE) au Maroc se confirme. Qu’il s’agisse de l’origine géographique des capitaux ou de leur répartition sectorielle, les dernières données mettent en évidence le retour en force de certains partenaires historiques, le recul d’autres investisseurs et l’émergence de nouvelles filières d’accueil. Ces évolutions redessinent progressivement la cartographie des capitaux étrangers au Maroc et confortent l’attractivité du Royaume. L’analyse des flux permet ainsi d’identifier les principaux pays investisseurs ainsi que les secteurs qui concentrent désormais l’essentiel des investissements. Les données provisoires de l’Office des changes portant sur le premier trimestre 2026 confirment cette nouvelle configuration. Si le Maroc a enregistré un flux net d’IDE de 14 milliards de dirhams sur les trois premiers mois de l’année, cette dynamique s’inscrit dans le prolongement d’un exercice 2025 particulièrement dynamique, marqué par un flux net de 31,2 milliards de dirhams, le meilleur niveau enregistré depuis 2019.
La France, l’Allemagne et l’Espagne au Top 3
L’analyse par pays confirme la position dominante de la France dans la dynamique des IDE au Maroc. L’Hexagone demeure ainsi le premier investisseur étranger du Royaume, avec un flux net d’investissements qui s’est établi à près de 4,53 milliards de dirhams au premier trimestre 2026. Ce montant représente l’équivalent de 45 % des investissements français réalisés sur l’ensemble de l’année 2025 (10,15 milliards de dirhams). Cette performance confirme le redressement spectaculaire engagé par les investisseurs français, après un flux négatif de 2,18 milliards de dirhams enregistré en 2024. L’Allemagne poursuit également sa montée en puissance. Avec 2,31 milliards de dirhams investis au Maroc au premier trimestre 2026, les IDE allemands restent proches du niveau atteint l’an dernier, soit 2,51 milliards observés à fin 2025. Même dynamique pour l’Espagne, dont les investissements culminent à 1,42 milliard de dirhams à fin mars 2026 après une année 2025 marquée par un flux négatif de l’ordre de 57 millions de dirhams. À l’inverse, plusieurs pays qui avaient largement contribué à la performance de 2025 démarrent l’année 2026 sur un rythme plus discret. Citons dans ce sens la Chine qui, après avoir enregistré son meilleur résultat depuis 2014 avec 1,9 milliard de dirhams en 2025, ne comptabilise que 3 millions de dirhams au premier trimestre 2026.
Le ralentissement est également visible du côté des Émirats arabes unis et des États-Unis. Les investissements émiratis se sont établis à près de 1,1 milliard de dirhams à fin mars 2026, contre 4,39 milliards sur l’ensemble de l’année 2025, tandis que les flux américains ont atteint 687 millions de dirhams, loin des 1,66 milliard enregistrés l’année précédente. Cette évolution les place désormais respectivement aux quatrième et cinquième rangs du classement des principaux investisseurs étrangers au Maroc.
L’industrie manufacturière principal secteur d’accueil
La recomposition apparaît également dans la structure sectorielle des IDE. L’industrie manufacturière confirme son statut de principal secteur d’accueil des investissements étrangers avec 5,87 milliards de dirhams au premier trimestre, soit près de 60% du volume capté sur l’ensemble de l’année 2025 (9,8 milliards de dirhams). Cette performance confirme le changement de profil des IDE, désormais davantage orientés vers les activités productives. Deux branches concentrent l’essentiel de cette dynamique : la fabrication d’équipements électriques, qui totalise 1,71 milliard de dirhams au premier trimestre, se situant ainsi à 71 % de son niveau annuel de 2025, et l’industrie automobile, qui attire 1,3 milliard de dirhams, poursuivant ainsi la trajectoire engagée l’an dernier.
L’immobilier conserve, par ailleurs, son statut de deuxième secteur d’accueil des capitaux étrangers. On relève un flux d’IDE de l’ordre de 2,02 milliards de dirhams investis au titre des trois premiers mois de l’année et ce après un record de 10,09 milliards de dirhams enregistré fin 2025. Le commerce suit la même tendance. Il capte en effet 1,74 milliard de dirhams des IDE réalisé au premier trimestre 2026 tandis que l’hébergement et la restauration enregistrent une progression remarquable à fin mars. Les IDE réalisés dans le secteur avoisinent les 1,5 milliard de dirhams dépassant le flux net enregistré sur l’ensemble de 2025. L’analyse des flux fait également ressortir plusieurs retournements de tendance. Après avoir terminé l’année 2025 dans le rouge, le secteur de l’information et de la communication retrouve une dynamique positive avec 522 millions de dirhams de flux nets au premier trimestre 2026. Les transports et l’entreposage ont suivi la même évolution, passant d’un solde négatif de 126 millions de dirhams en 2025 à un flux positif de 493 millions au cours des trois premiers mois de l’année. À l’inverse, l’électricité, le gaz et la climatisation enregistrent un recul marqué par un flux négatif de -90 millions de dirhams, alors que le secteur avait attiré des IDE de l’ordre de 1,76 milliard de dirhams en 2025. Les industries extractives affichent également un ralentissement, avec 293 millions de dirhams investis au premier trimestre contre 901 millions sur l’ensemble de l’année précédente.