Le Maroc muscle sa stratégie de lutte contre les incendies de forêt

«La protection des forêts constitue une responsabilité nationale partagée, mobilisant les différentes institutions dans le cadre d’une approche nationale sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, et en parfaite coordination entre l’ensemble des intervenants»

Les Forces Armées Royales (FAR) sont en première ligne du dispositif national de lutte contre les feux de forêt. La stratégie marocaine accorde depuis de nombreuses années une importance stratégique aux moyens aériens. La flotte nationale vient d’être renforcée. En plus de 8 avions de type Canadair CL-415 relevant des Forces Royales Air (FRA) et les 15 avions de type Turbo Thrush relevant de la Gendarmerie royale, les derniers mois ont été marqués par la mise en service de deux hélicoptères de lutte contre les incendies EC225 Super Puma. En effet, la Gendarmerie royale a renforcé ses capacités de lutte contre les incendies en équipant ses hélicoptères Super Puma du système de pointe Recoil 650. Ce système permet de mener des opérations d’extinction aériennes précises et rapides, ce qui accroît l’efficacité et améliore la sécurité lors des survols de zones résidentielles par rapport aux réservoirs externes traditionnels. Pour rappel, Recoil Aerospace Inc. (Recoil), concepteur de systèmes avancés de lutte aérienne contre les incendies (AFSS), avait annoncé la réception de l’approbation de la Direction générale de l’aviation civile du Maroc (DGAC) pour le système de réservoir «Recoil Tsunami AFSS». Les principales caractéristiques du système de réservoir comprennent le montage sous le fuselage, la conception du réservoir rétractable, la vitesse aérienne la plus rapide disponible et le remplissage rapide en vol stationnaire. Grâce à une mise à niveau des performances des seaux d’eau externes traditionnels, les équipes de lutte contre les incendies sont en mesure de survoler les centres de population urbains sans le danger des charges suspendues et largables. L’augmentation de la vitesse aérienne signifie que les efforts d’extinction de feux deviennent plus efficaces avec des rotations rapides et une réponse rapide aux incidents. Il faut préciser que le système Recoil est déjà en vigueur aux États-Unis et au Canada, ainsi qu’en République de Corée, en Australie et dans d’autres régions. Au Maroc, le système connaît donc son baptême du feu. Dans une déclaration rapportée par l’agence MAP concernant les hélicoptères «Super Puma» de la Gendarmerie royale, l’adjudant Fatima Zahra Afechkou, a expliqué que ces appareils ont été équipés d’un système moderne d’extinction des feux, composé d’un réservoir installé sous l’hélicoptère, d’une capacité d’environ 2.500 litres d’eau ou de produit retardant, avec la possibilité de se réapprovisionner en seulement 20 secondes à partir d’un lac, d’un barrage ou de tout autre source d’eau située à proximité du foyer du feu. Elle a noté que grâce à ce nouveau système, conjugué aux compétences des pilotes de la Gendarmerie royale et à la coordination avec les équipes de terrain et les autorités locales, chaque mission est exécutée avec le plus haut degré de précision et de professionnalisme.

Plan national proactif
Ces efforts s’inscrivent dans le cadre d’un plan national proactif de lutte contre les feux de forêt, mis en place en étroite coordination entre les différents intervenants, à leur tête les unités spécialisées relevant des FAR, la Gendarmerie royale, les Forces auxiliaires, la Protection civile, les autorités locales, ainsi que le Centre national de gestion des risques climatiques forestiers, l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF) et la Direction générale de la météorologie. Au premier niveau, les équipes d’intervention terrestre se chargent de la maîtrise des feux, tandis que le recours aux moyens d’extinction aériens, notamment aux avions Canadair, s’effectue en cas de feux de deuxième niveau.
Le troisième niveau requiert la mobilisation des unités aériennes de la Gendarmerie royale, alors que le quatrième prévoit de solliciter une assistance internationale afin de protéger les vies humaines, les biens et le patrimoine forestier. Il faut préciser qu’un premier bilan des surface touchées a été dévoilé. Ainsi, les superficies brûlées à cause des feux de forêt ont régressé de près de 31% par rapport à la moyenne annuelle d’environ 3.130 hectares, avait indiqué il y a quelques jours à Rabat le directeur général de l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF), Abderrahim Houmy. Dans une déclaration à la presse, M. Houmy a précisé que le Maroc a enregistré, depuis le début de l’année 2026, 340 incendies ayant ravagé environ 2.150 hectares.
L’efficience du dispositif national de prévention et de lutte contre les feux de forêt ne se mesure pas au nombre d’incendies enregistrés, mais plutôt à la capacité de les maîtriser et d’en limiter leur propagation dans des délais très brefs, a-t-il affirmé, faisant savoir que la rapidité d’intervention et la coordination entre les différents acteurs ont permis de réduire significativement les superficies touchées. La protection des forêts constitue une responsabilité nationale partagée, mobilisant les différentes institutions dans le cadre d’une approche nationale sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, et en parfaite coordination entre l’ensemble des intervenants, a souligné M. Houmy. Et d’ajouter que près de 55% des superficies touchées concernent des herbes et de la végétation secondaire, contre seulement 45% environ de forêts arborées, estimant que cela s’explique par les précipitations importantes qu’a connues le Royaume durant la saison hivernale, qui ont favorisé une forte pousse du couvert d’herbes avant son dessèchement sous l’effet des vagues de chaleur, augmentant ainsi sa combustibilité. Ces résultats reflètent l’efficacité de l’approche nationale adoptée dans la gestion des feux de forêt, basée sur l’anticipation, la prévention ainsi que l’intervention rapide et coordonnée, a-t-il fait observer.

Dispositif d’intervention
Vigilance. Le DG de l’ANEF a expliqué que l’Agence procède quotidiennement à l’analyse des données liées aux conditions météorologiques, aux températures, à l’humidité, à la vitesse du vent et à l’état du couvert végétal, en s’appuyant sur des images satellites et des modèles scientifiques avancés, avant d’émettre des bulletins d’alerte identifiant les zones les plus exposées au risque d’incendies, permettant ainsi de rehausser le niveau de vigilance et de prendre les mesures préventives avant le déclenchement des feux. Au niveau des moyens d’intervention, le responsable a mis en avant la mobilisation par le Royaume de moyens humains et techniques importants, comprenant plus de 2.800 guetteurs et gardes forestiers répartis sur les différentes régions du Royaume, chargés des missions de surveillance et d’alerte précoce. Le DG de l’ANEF a également indiqué que le dispositif d’intervention terrestre comprend un nombre important de véhicules de première intervention relevant de l’Agence, aux côtés des camions et équipements de la Protection civile, des unités spécialisées des Forces Armées Royales (FAR), la Gendarmerie royale, les Forces auxiliaires et les autorités locales, opérant tous dans le cadre d’un commandement unifié et d’une coordination continue. L’efficacité de ce dispositif repose non seulement sur l’importance des moyens mobilisés, mais aussi sur la coordination immédiate entre les différents intervenants, garantissant l’orientation des moyens aériens et terrestres selon l’évolution de chaque incendie, le facteur temps demeurant décisif pour limiter la propagation des feux, a-t-il relevé. Le Maroc figure parmi les pays enregistrant les taux les plus bas de superficies brûlées en comparaison avec plusieurs pays du bassin méditerranéen, malgré les défis communs liés à la hausse des températures et à des vagues de chaleur et de sécheresse successives, a affirmé M. Houmy.

 

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