
71 % des industriels interrogés qualifient le climat général des affaires de «normal», contre 19 % qui le jugent «défavorable».
Enquête de conjoncture : Entre stabilité affichée et prudence, l’industrie marocaine avance à un rythme mesuré. Les résultats de l’enquête de Bank Al-Maghrib pour le deuxième trimestre 2026 montrent une activité encore solide, portée par l’investissement, mais fragilisée par la hausse des charges et des perspectives d’emploi moins favorables.
Le climat des affaires dans l’industrie marocaine reste globalement stable au deuxième trimestre 2026, mais plusieurs indicateurs témoignent d’une vigilance accrue des chefs d’entreprises, notamment sur l’emploi et les coûts de production. C’est ce qui ressort des résultats de l’enquête trimestrielle de conjoncture publiée par Bank Al-Maghrib (BAM), menée auprès d’un échantillon représentatif de près de 400 entreprises industrielles. Au deuxième trimestre 2026, 71 % des industriels interrogés qualifient le climat général des affaires de «normal», contre 19 % qui le jugent «défavorable». Ce constat masque toutefois des écarts sensibles selon les branches d’activité. Dans les détails, la branche de la «chimie et parachimie» affiche les meilleurs résultats, avec 88 % d’appréciations « normales » et seulement 9 % de jugements défavorables. À l’inverse, le textile-cuir et l’agroalimentaire affichent des perceptions plus contrastées. Dans les deux secteurs, 63 % des entreprises jugent le climat des affaires «normal», mais une part importante le considère «défavorable», avec 26 % dans le textile-cuir et 24 % dans l’agroalimentaire. La mécanique et métallurgie se distingue par une proportion notable d’entreprises (21 %) qualifiant même le climat de «favorable». Concernant les conditions de production, l’approvisionnement en matières premières est jugé « normal » par 79 % des entreprises et «difficile» par 19 %. À ce niveau, l’agroalimentaire se démarque avec seulement 60 % des entreprises qui jugent leurs conditions d’approvisionnement normales, tandis que 35 % signalent des difficultés. À l’inverse, le textile-cuir affiche une situation plus stable, avec 89 % des entreprises faisant état de conditions normales et seulement 11 % rencontrant des difficultés.
La mécanique et métallurgie présente également une situation favorable, avec 88 % d’appréciations normales contre 10 % d’entreprises déclarant des difficultés d’approvisionnement.
Se référant à l’enquête de Bank Al-Maghrib, les entreprises pointent trois freins principaux à leur développement : l’insuffisance de la demande, les coûts élevés des intrants et l’intensification de la concurrence, en particulier celle du secteur informel. Sur le front de l’emploi, 77 % des industriels indiquent une stagnation de leurs effectifs au cours des trois derniers mois, tandis que 17 % font état d’une baisse. Les évolutions restent toutefois contrastées selon les secteurs. Le textile-cuir apparaît parmi les branches les plus affectées, avec 22 % des entreprises signalant une réduction de leurs effectifs, tandis que la chimie et parachimie enregistre une baisse encore plus marquée, avec 34 % des industriels concernés. Dans le même contexte, les entreprises anticipent globalement une dégradation de l’emploi pour le troisième trimestre 2026, en particulier dans la chimie et parachimie et le textile et cuir, tandis que la mécanique et métallurgie s’attend au contraire à une hausse de ses effectifs. En parallèle, les coûts unitaires de production restent stables pour 49 % des entreprises au moment où 37 % autres déclarent une hausse. L’augmentation est en effet confirmée par 61 % des entreprises opérant dans l’agroalimentaire et 51 % exerçant dans le textile et cuir. À l’opposé, la mécanique et métallurgie fait état d’une certaine détente, avec 41 % des entreprises constatant une baisse de leurs coûts. En ce qui concerne la situation de trésorerie, elle est jugée normale» par 85 % des entreprises et «difficile» par 13 %.
Ces proportions ressortent respectivement à 90 % et 10 % dans la « mécanique et métallurgie» et dans le «textile et cuir», à 89 % et 10 % dans la «chimie et parachimie» et à 72 % et 22 % dans l’«agroalimentaire». Quant à l’accès au financement bancaire, il est qualifié de «normal» dans l’ensemble des branches, à l’exception du textile et cuir et de la mécanique et métallurgie, où il est perçu comme «facile». Le coût du crédit reste, pour sa part, stable pour 83 % des entreprises, avec une hausse rapportée par 17 % d’entre elles. La Banque centrale observe également, dans le cadre de cette enquête, une dynamique positive de l’investissement portée par les fonds propres. Une progression des dépenses d’investissement a été observée au deuxième trimestre dans toutes les branches, à l’exception du textile et cuir où elles ont plutôt reculé. Ces investissements ont été financés à 70 % par des fonds propres et à 30 % par le crédit bancaire, signe d’un recours mesuré à l’endettement. Pour les trois prochains mois, les industriels anticipent une poursuite de cette hausse dans l’ensemble des secteurs, hormis le textile et cuir, où une stagnation est attendue.