
Portée par les ménages et les entreprises
Financement : À fin juin 2026, la progression de l’épargne s’accompagne d’une poursuite du financement de l’économie, dans un contexte de conditions de crédit globalement stables pour les entreprises et plus favorables pour certains segments des ménages.
Les dépôts auprès des banques marocaines ont poursuivi leur progression au premier semestre 2026. Une dynamique portée aussi bien par les ménages que par les entreprises non financières privées, dans un contexte marqué par une remontée de la rémunération de l’épargne. À fin juin 2026, la collecte s’est établie à 1.422,5 milliards de dirhams enregistrant une hausse annuelle de 8,7 %. Cette progression confirme la tendance haussière des ressources déposées auprès du système bancaire. Avec 1.030,6 milliards de dirhams, les ménages représentent la principale composante des dépôts bancaires. Leur épargne a progressé de 8,9 % sur un an. Sur ce montant, 233,1 milliards de dirhams sont détenus par les Marocains résidant à l’étranger (MRE).
La progression est également marquée du côté des entreprises non financières privées. Leurs dépôts ont atteint 264,6 milliards de dirhams, soit une hausse annuelle de 14,1 %. Cette augmentation des dépôts intervient alors que la rémunération de certains produits d’épargne s’améliore. Les taux servis sur les dépôts à terme (DAT) ont ainsi augmenté de 35 points de base pour les maturités à six mois et de 17 points de base pour celles à douze mois, pour atteindre respectivement 2,51 % et 2,77 %. Le taux minimum de rémunération des comptes d’épargne a, lui aussi, été relevé. Il s’établit à 1,82 % au titre du deuxième semestre 2026, soit une hausse de 21 points de base par rapport au semestre précédent. La progression des dépôts des entreprises intervient dans un environnement où leur recours au crédit bancaire reste dynamique. Les concours accordés aux entreprises non financières privées ont augmenté de 8,2 % sur un an. Cette évolution est principalement tirée par les crédits à l’équipement, en hausse de 15,8 %, tandis que les prêts à la promotion immobilière progressent de 9,4 %. Les facilités de trésorerie affichent pour leur part une hausse de 6,7 %. Les données relatives aux conditions d’octroi de crédit dressent par ailleurs le tableau d’un marché relativement stable. Selon l’enquête menée au titre du premier trimestre 2026, les banques ont indiqué avoir maintenu inchangés leurs critères d’octroi, aussi bien pour les Très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) que pour les grandes entreprises (GE). Du côté de la demande, la tendance est plus dynamique. Les banques font état d’une hausse de la demande de crédit pour l’ensemble des objets de financement, tant chez les TPME que chez les grandes entreprises.
Au deuxième trimestre, l’accès au financement bancaire a d’ailleurs été jugé « normal » par les entreprises interrogées dans le cadre de l’enquête de conjoncture de Bank Al-Maghrib. Quant au coût du crédit, 83 % des entreprises l’ont considéré comme stagnant, tandis que 17 % ont signalé une hausse. Les taux appliqués aux nouveaux crédits aux entreprises ont néanmoins légèrement progressé. Ils se sont établis à 4,81 % au deuxième trimestre 2026, en hausse de 2 points de base sur un trimestre. Le taux moyen ressort à 4,56 % pour les grandes entreprises, contre 5,20 % pour les TPME. La dynamique est modérée du côté des crédits accordés aux ménages. Ceux-ci ont enregistré une progression annuelle de 3,4 %, avec une hausse de 2,7 % des prêts à l’habitat et de 4,6 % des crédits à la consommation. Le financement participatif destiné à l’habitat poursuit, en revanche, sa trajectoire ascendante. Principalement porté par la Mourabaha immobilière, ce financement a atteint 31,5 milliards de dirhams, contre 27 milliards de dirhams un an plus tôt. Les conditions d’accès au crédit semblent par ailleurs s’être légèrement améliorées pour les ménages.
Au premier trimestre 2026, les banques ont déclaré avoir assoupli leurs critères d’octroi, aussi bien pour les prêts à l’habitat que pour les crédits à la consommation. La demande apparaît toutefois moins dynamique. Elle aurait enregistré un léger recul pour les crédits à l’habitat, tandis qu’elle serait restée stable pour les crédits à la consommation. En matière de taux, les nouveaux crédits immobiliers ressortent à 4,53 % au deuxième trimestre 2026, tandis que les crédits à la consommation affichent un taux nettement plus élevé, à 6,81%.